Le 24 janvier 2012, la Ville de Rennes recevait le monde commerçant, à l’occasion des voeux au Carré Rennais. Représentant le Maire de Rennes, Honoré Puil s’est adressé aux nombreuses personnes présentes en rappelant à quel point le commerce est un élément essentiel du « vivre ensemble » dans la ville.
Messieurs les membres du Directoire,
Messieurs les représentants des chambres consulaires,
Madame la directrice du Carré Rennais,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d’abord d’excuser le Maire de Rennes, Daniel Delaveau, qui a été dans l’obligation de se rendre aujourd’hui même au Sénat à Paris et qui est retenu par d’autres obligations et ne peut donc pas être là ce soir. Il en est extrêmement désolé, car il apprécie ce moment important (sympathique et convivial) de la vie rennaise que sont les vœux au Carré Rennais.
Comme il a eu l’occasion de vous le dire, ici même, l’an dernier, “c’est un moment privilégié pour vous dire combien votre profession et votre association comptent pour le développement économique, l’animation et l’attractivité de notre ville. C’est une autre façon de vous rappeler toute l’importance que nous accordons au commerce à Rennes.”
L’équipe municipale a toujours en effet a cœur d’intégrer le commerce, de façon transversale, dans l’ensemble de ses politiques (animation, logement, transports, aménagements), que ce soit pour préparer la ville de demain, ou répondre aux préoccupations d’aujourd’hui. J’ai coutume de dire que le commerce, c’est la vie, et la vie, c’est le commerce.
Cela est particulièrement vrai à Rennes
le centre-ville de Rennes accueille aujourd’hui plus de 1 800 commerces de détail (chiffre stable particulièrement important dans le contexte économique global qui est le nôtre) , pour un chiffre d’affaires proche du demi-milliard d’euros ce qui contribue à placer le centre-ville toujours et depuis 2006 comme le premier pôle commercial du Pays de Rennes, du département et de la région. C’est ce que confirment les études préalables à l’élaboration de notre futur document d’aménagement commercial qui ont en outre fait apparaître que l’on estimait à 16,5 millions le flux de passages annuel dans le centre-ville, preuve de son attractivité !
Cette attractivité ne tombe pas du ciel : elle est le fruit des politiques menées par notre équipe, et celles qui les ont précédées. On se rappellera effectivement de la piétonisation du centre-ville, de la première ligne de métro, de l’implantation du Centre Colombia et de La Visitation, tout autant que de la politique de mise en valeur du patrimoine. On pourra citer la volonté très ferme qui a été la notre de maintenir, en centre-ville, des équipements de forte dimension et générateurs de flux : les Champs Libres, les Gaumonts, le Liberté, et bientôt le Centre de Congrès. Il faut aussi évoquer la détermination à garder, dans le centre-ville, une mixité et un équilibre des fonctions : logement, services et commerces.
Car il ne suffit pas de dire qu’il faut maintenir un équilibre entre l’offre de centre-ville et de périphérie, ou de dire qu’il faut maintenir un commerce de proximité, il faut dire comment on le fait : on le fait lorsque la ville décide de développer des politiques structurantes en faveur du commerce ; on le fait lorsque l’on demande aux urbanistes d’intégrer la dimension commerce dans leurs projets.
Toutes ces actions constituent, chacune de son côté, un maillon de la chaîne qui dessine notre territoire.
A propos du centre-ville, je note qu’une cinquantaine de nouvelles enseignes non représentées jusqu’à lors sur l’agglomération ont ouvert, tout au long de l’année 2011, preuve du dynamisme et de l’attractivité qui le caractérise.
Mais le commerce, à Rennes et dans la métropole, ce n’est pas uniquement le centre-ville, et nous accordons, à tous les niveaux de notre action, une importance particulière au commerce de proximité, dans les quartiers.
Nous agissons en effet à deux niveaux : préparer la ville et la métropole de demain, et répondre aux préoccupations d’aujourd’hui.
Préparer la ville et la métropole de demain, c’est anticiper ce que sera la ville à vivre dans 10 ou 15 ans, et donc prendre en compte la dimension commerce dans les grands projets qui mobilisent l’agglomération : EuroRennes, la deuxième ligne de métro, la Courrouze, le centre de congrès, le réaménagement du Mail François-Mitterrand, Via Silva.
De nombreux pôles commerciaux vont connaitre une évolution dans les années à venir, évolution que nous avons, en tant que Ville et en tant que Métropole, accompagnée : le centre Alma (l’inauguration du MacDonald’s en est un premier élément), le centre Colombia (qui a commencé avec inauguration de la nouvelle FNAC et l’accueil de nouvelles enseignes), le Gast (en prévision de l’arrivée du métro), Cleuney (idem), sans oublier le Blosne ou le Mail Mitterrand (avec le lancement, en 2012, d’études de programmation commerciale).
Alors, il y a aussi la question de l’accessibilité, et de toutes les accessibilités. Comme vous le savez, nous en sommes au stade de l’enquête publique pour la réalisation d’une seconde ligne de métro. Nous ne pouvons que lui souhaiter le même succès que la première.
D’un objectif de 77 000 voyages par jour, nous en sommes à 115 000, avec un record à 190 000 le jour de la braderie. S’agissant des bus, nous en étions – avant la mise en service du métro – à 33 millions de voyages par an sur le réseau Star ; nous en sommes maintenant à 68 millions. Tout ceci participe de l’accessibilité du centre-ville. Et puis, il y a la voiture. Diminuer la place de la voiture ne veut pas dire moins de chalands en centre-ville, mais des modes de déplacements différents notamment pour les habitants de la métropole et du pays. La voiture reste et restera bien évidemment un mode de déplacement important notamment pour les clients les plus éloignés du pôle rennais. Pour cela, nous disposons de 6 000 places dans nos parkings en ouvrage et de 43 000 places de stationnement sur le domaine public, auxquelles s’ajoutent les 1724 places dans les parkings relais.
Nous avons commencé, en 2011, à poser les jalons de ce que sera notre futur document d’aménagement commercial, en écoutant l’ensemble des acteurs du commerce, au nombre desquels, bien sûr, le Carré Rennais qui est un interlocuteur essentiel des pouvoirs locaux.
La place qu’occupe le Carré Rennais dans le processus de décision témoigne de notre volonté de réguler le développement commercial dans l’agglomération, de ne pas laisser s’instaurer la loi du plus fort, bref, de faire en sorte que le développement économique puisse profiter à tous, particulièrement dans la période que nous connaissons.
Ce souci de l’équilibre s’incarne également dans la dimension sociale que nous voulons donner au développement économique, comme en témoigne la tradition du dialogue social mis en place pour la régulation des ouvertures des commerces les dimanches et jours fériés. Le Carré Rennais y a pris toute sa part.
L’ouverture de deux jours fériés a été globalement bien respectée en 2011, ce qui a permis l’ouverture exceptionnelle des commerces le dimanche 18 décembre.
La régulation de l’ouverture dominicale des supermarchés, quant à elle, nous laisse encore beaucoup de pain sur la planche. L’an dernier, le maire de Rennes se félicitait ici même de la signature de l’accord social limitant les ouvertures dominicales dans les supermarchés. Un an après sa signature, je regrette que le préfet ait refusé de l’étendre par le biais d’un arrêté préfectoral.
Je m’en suis personnellement entretenu avec Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat au commerce, à l’occasion de sa visite à Rennes en juillet dernier, mais je constate avec amertume que le gouvernement reste sourd au consensus que nous avons réussi à construire, sur notre territoire, au bénéfice de l’intérêt général.
Répondre aux préoccupations d’aujourd’hui et du moment est notre deuxième niveau d’action, avec ce que la Ville de Rennes entreprend pour le commerce de proximité et le dynamisme de la vie commerciale, en centre-ville et dans les quartiers.
La collaboration et le dialogue constant entre le Carré Rennais et la Ville de Rennes (élus et services) sont un des ingrédients essentiel de notre réussite commune. Le Carré Rennais jour un rôle d’interface, de représentation, mais aussi de conseil et d’expertise.
En 2011, vous avez organisé pour la deuxième fois la Braderie, ponctuée par son concert gratuit. Ce grand événement populaire (la deuxième braderie de France, après celle de Lille) illustre le dynamisme de la vie commerciale à Rennes. Si cela existe, c’est bien grâce au lien qui existe entre la Ville et votre fédération, lien qui se traduit aussi dans notre collaboration sur le terrain, autour de questions comme le fleurissement et les illuminations, l’implantation de terrasses ou encore sur la requalification du centre ancien avec l’accompagnement des commerces victimes de situations de péril.
J’ai proposé en 2011 au maire de Rennes la mise en place du Comité du Commerce de la Ville de Rennes (CCVR), qui est une instance de dialogue, d’échange et de concertation autour des questions qui intéressent, ou qui ont un impact, sur l’activité commerciale à Rennes. Le Carré Rennais en fait naturellement partie, aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie, et de la Chambre des métiers et de l’artisanat. Ce comité se réunira deux fois par an pour travailler sur la dimension commerce des projets en cours.
Cette collaboration existe parce que nous nous faisons confiance ; mais aussi parce que le Carré Rennais constitue une structure, unique en France, qui rassemble un très grand nombre de commerçants, à la fois du centre-ville et des quartiers.
Cela en fait une des conditions essentielles à des animations commerciales de qualité.
Pour autant, les vœux que le Conseil municipal adresse au Carré Rennais sont aussi l’occasion de souligner le rôle important que joue le commerce non sédentaire dans l’attractivité commerciale de Rennes. On pourrait citer le marché des Lices, qui est à lui seul un symbole de Rennes, mais il y a aussi les marchés de plein air dans les quartiers et au delà, dans les communes de la métropole, qui contribuent à assurer un service de première nécessité et une animation des centres.
Enfin, permettez-moi aussi de mentionner l’activité touristique qui participe au développement économique en général, du commerce et de l’artisanat en particulier sur notre territoire. Une étude récente démontre que le tourisme concerne l’activité et l’emploi d’environ 9 000 salariés sur le Pays de Rennes. C’est donc à raison que Rennes Métropole consacre près de 2 millions d’euros au tourisme, pour faire connaître et rayonner la destination ; non sans succès puisque – et c’est un chiffre qui n’est pas assez connu – nous enregistrons par exemple plus de 310 000 visiteurs à l’Office de Tourisme de Rennes en 2011 quand une très grande ville voisine d’une région voisine en compte 100 000 de moins !
J’y vois le résultat d’une politique décidée en 2001 et qu’il importe d’amplifier ; c’est pourquoi en 2012 nous serons amenés à revisiter notre stratégie de développement touristique notamment pour tenir compte et préparer – dès à présent – l’arrivée en 2016 du Centre des Congrès.
La période des vœux est traditionnellement celle où l’on se souhaite santé et prospérité. Tels sont en tous cas les vœux que j’adresse au Carré Rennais et à l’ensemble des entreprises qui en font partie.
Dans le contexte économique international que nous connaissons, je souhaite que nous maintenions, ensemble, le niveau de développement de notre ville. Je sais que la conjoncture n’est pas facile (chute de la consommation, hausse de la TVA, confiance en berne).
Toutefois, comme l’a exprimé le maire de Rennes, Daniel Delaveau, lors de ses vœux aux acteurs du monde économique, associatif, universitaire et combattant le 5 janvier dernier, nous souhaitons placer 2012 sous le signe de l’espoir et de l’innovation.
Car notre territoire regorge en effet de ressources et d’atouts (à commencer par sa démographie), que nous devons exploiter ; le pessimisme ne doit pas nous envahir.
Le commerce, partout dans le monde développé, est à un tournant. Les phénomènes de standardisation sont à l’œuvre, le e-commerce ouvre des perspectives mais est aussi une menace dans la mesure où il n’oblige pas le client à se déplacer.
Dans ce contexte, les centres-villes devront offrir une qualité de service importante, un environnement urbain et patrimonial de qualité, des animations importantes et signifiantes faute de quoi le consommateur ne trouvera pas d’intérêt à y venir. C’est ce à quoi nous devons tous travailler.
Je vous adresse donc une nouvelle fois, au nom de la Ville de Rennes, mes vœux les plus cordiaux pour la nouvelle année 2012 !