Rachat du 1929 : le point

Nous avons pris connaissance des réactions suite au vote de la délibération par le Conseil municipal du 9 novembre, actant le rachat, par la Ville, de deux bars rue Saint-Michel. Loin de vouloir polémiquer, nous voulons ici répliquer à ceux qui font à la municipalité des procès d’intention.

Le rachat du 1929 et de la Station n’ont pas été effectués dans l’optique de « nuire à l’identité rennaise », et n’est – en tout état de cause – pas le fruit d’une « politique frigide » visant à « transformer la ville en galerie marchande ». Cette opération entre en premier lieu dans le cadre de la politique que mène la Ville de Rennes en faveur de la réhabilitation du Centre-ancien.

Aucun responsable politique de gauche ne peut tolérer de laisser le Centre ancien dans un état pareil. La situation actuelle ne fait que conforter la position de rentiers qui profitent d’immeubles dégradés pour loger des jeunes rennais dans des conditions indécentes.

Après l’incendie de la rue d’Orléans en septembre 2007, il a souvent été dit « que fait la Ville pour sécuriser les immeubles du centre-ville ? » Ne rien faire, c’est être complice du libéralisme le plus sauvage et le plus cynique.

L’objectif de la politique « Centre ancien » de la Ville est de résorber l’habitat insalubre et vétuste, en traitant des îlots prioritaires, ce qui implique notamment une maîtrise foncière. L’achat du 1929 entre d’abord et en premier lieu dans ce cadre.

Se pose ensuite le problème de l’impasse des Barrières. C’est une voie privée, dans laquelle la Ville ne peut intervenir à aucun moment. Éclairage, nettoyage, réfection du pavage : rien ne peut être entrepris par les services municipaux, alors que la demande est forte. Doit-on accepter cela ? Si l’on écoute certains, il faudrait rester les bras croisés en contemplant l’état lamentable dans lequel se trouve cet endroit.

Autre chose : préemption n’est pas expropriation. Certains s’imaginent que la Ville a décidé d’expulser l’actuel exploitant. C’est oublier que ce dernier a mis en vente à la fois les murs et le fond de commerce. Il souhaitait donc s’en défaire, et un autre repreneur aurait certainement fait autre chose du 1929 que ce qu’il est actuellement.

D’une manière générale, et concernant a question des bars rue Saint-Michel, nous refusons une politique du zoning, où les quartiers, les rues, seraient réservées à un seul type d’activités et de populations (zones commerciales, quartiers « chics », ou quartiers « difficiles », etc.), et lui préférons la diversité et la mixité des fonctions et des populations. Le centre-ville, et cela est également vrai pour la rue Saint-Michel, doit accueillir tous les types de commerces, tous les types de populations. C’est ainsi que l’on construit le « vivre ensemble » qui fait de Rennes une ville à vivre, une ville pour tous.

On pose souvent, et à juste titre, la question des commerces de proximité progressivement remplacés par les banques et les agences immobilières. Mais personne ne s’émeut de l’hyper-spécialisation de la rue Saint-Michel. Le problème est pourtant le même. Là aussi, notre volonté d’intervenir est ancienne : achat de la Crêperie des Templiers pour y maintenir une activité « restauration traditionnelle », achat des murs de Videorama pour y implanter une activité tertiaire… Cela a abouti au fait qu’il y a actuellement 12 bars dans la rue, contre 10 autres commerces et activités.

Par ailleurs, l’objectif de la municipalité est d’élargir le centre-ville. L’esplanade Charles de Gaulle, une fois achevée, sera un nouveau lieu de centralité. Idem pour le Mail (à l’ouest) et l’ancienne Brasserie Kronenbourg (à l’est), une fois les nouveaux aménagements réalisés.

Enfin, pour ce qui est de l’offre en matière de cafés-concerts, nous savons tous que la loi impose des conditions draconiennes aux exploitants de cafés-concerts, notamment au niveau des normes anti-bruit, pour des questions de respect de l’environnement. La mise en œuvre de ces normes est souvent incompatible avec le bâti du Centre-ancien. La Ville de Rennes travaille donc à une diversification de l’offre. Nous avons soutenu l’ouverture d’une discothèque boulevard de la Liberté. La Ville de Rennes apporte un soutien constant à de nombreux établissements : l’Ubu, l’Antipode, le Mondo Bizarro, le Jardin Moderne, etc. Même chose pour les événements et festivals structurants de la vie rennaise : Bars en Trans, Transmusicales… Preuve que nous n’avons pas une vision puritaine ou malthusienne de la ville, la nuit.

Rennes est une ville qui vit. Un bar ferme. C’est la vie. D’autres lieux ont fermé et fermeront, pendant que d’autres ouvriront et « remplaceront » le 1929 dans le cœur des Rennais. C’est cela, une ville qui évolue !

Honoré Puil, Maryline Daunis et Pierre Christen

Conseillers municipaux PRG

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Identité nationale ? Les Radicaux de Gauche préfèrent parler d’identité républicaine

Communiqué de la Fédération du PRG d’Ille-et-Vilaine

La Fédération du PRG d’Ille-et-Vilaine entend dénoncer les dérives engendrées par le débat sur l’identité nationale, lancé par le gouvernement et l’UMP.

Pour les Radicaux, la seule identité qui vaille est l’identité républicaine, basée sur les valeurs qui fondent notre « vivre ensemble » : la liberté, l’égalité, la fraternité. Or, n’oublions pas que les Radicaux sont à l’origine de grandes lois qui constituent le socle des valeurs républicaines : la loi de 1901 sur la liberté d’association, la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat, ou encore les lois sur l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire, sur la liberté d’expression, ou sur les conseils municipaux. En d’autres termes, le Radicalisme est consubstantiel à l’idée républicaine.

Si la France est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce qu’elle est une République, fondée sur l’égalité des droits et qui ne peut cohabiter avec des considérations ethniques ou religieuses.

Le débat officiel, convoqué par la Préfecture d’Ille-et-Vilaine, et qui mobilise nos concitoyens plus que de raison, tend à se transformer en vaste café du commerce, à l’image des propos scandaleux tenus par le maire UMP d’une commune de la Meuse, ou des tentatives de certains élus de droite d’importer en France la polémique sur les minarets.

Face à la France frileuse proposée par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, les Radicaux de Gauche proposent une République ouverte, laïque et solidaire. Ils auront l’occasion de démontrer l’actualité de leurs valeurs à l’occasion d’un grand colloque sur l’identité républicaine, où intellectuels, et responsables politiques débattront de cette identité et en montreront les différents visages.

En attendant, les Radicaux de Gauche demandent aux citoyens et aux élus de ne pas participer à ce débat.

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L’égalité des droits : un combat radical de tous les jours

Liberté, Egalité, Fraternité : la devise de la République constitue le cœur des valeurs des Radicaux depuis l’origine. Attachés aux libertés individuelles, soucieux de l’égalité des droits et adeptes de l’esprit fraternel, les Radicaux de Gauche ont souvent été pionniers dans les combats sur les questions de société.

Alors que nous avons célébré il y a quelques semaines le dixième anniversaire du pacte civil de solidarité, il faut rappeler que le PRG soutient de longue date l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Certains – et même à gauche – imaginent pour les couples homosexuels une simple « union civile », c’est-à-dire un mariage canada dry : sous couvert de principes moraux désuets et empreints de conservatisme, il ne faudrait pas accorder aux gays et aux lesbiennes les mêmes droits qu’aux hétéros. Curieuse conception de la République !

Le même raisonnement est valable pour la reconnaissance de l’homoparentalité. Le récent rapport Léonetti (député UMP) prétend balayer définitivement cette éventualité, considérant que la seule forme de famille acceptable serait bâtie autour d’un père et d’une mère, ce qui exclut tant la possibilité d’adopter pour les couples homosexuels que l’accès pour ces couples aux techniques de procréation assistée, sans parler de la maternité pour autrui. La famille homoparentale est pourtant déjà une réalité pour plus de 300 000 enfants en France.

Contre ces conceptions dépassées et rétrogrades, voire obscurantistes, les Radicaux ont toujours été en quête de nouvelles libertés, visant un accès égal aux mêmes droits pour tous, et combattant les discriminations. C’est aussi pourquoi nous interpelons, depuis plusieurs années, le Ministère de la Santé sur la question de l’interdiction faite aux gays de donner leur sang, ce qui leur empêche de réaliser cet acte citoyen et altruiste. Pierre Christen est d’ailleurs intervenu à ce sujet lors du Conseil municipal du 8 juin dernier. Tout comme nous soutenons et accompagnons les initiatives en faveur du droit à mourir dans la dignité, dans la lignée de l’ancien sénateur radical Henri Caillavet, fondateur de l’ADMD.

Fiers de porter ces valeurs, les Radicaux continueront à se battre, à Rennes comme ailleurs, en faveur de l’égalité des droits et de la défense des libertés individuelles.

Texte paru dans Le Rennais du 15 novembre 2009

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Achat du bar Le 1929 par la Ville de Rennes

Honoré Puil s’est exprimé à l’occasion du vite d’une délibération, par le Conseil municipal de Rennes, autorisant l’achat des murs du 1929, bar situé dans le quartier Saint-Michel.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Reconnaissons tout de suite l’importance de cette délibération, qui signifie bien d’autres choses que l’achat, et la fermeture prochaine d’un bar mythique de la vie rennaise.

C’est en effet la première fois que la Ville de Rennes fait usage du droit de préemption sur les fonds de commerce, depuis le vote de la délibération cadre, le 8 septembre 2008.

Un droit institué bien tard par l’État (il aura fallu une loi en 2005 et un décret d’application fin 2007) mais dont nous nous sommes saisis rapidement : une première délibération en mai 2007, suivie d’une autre en septembre 2008. A cet égard, Rennes fait figure de ville pionnière, dont l’expérience est relatée nationalement. J’ai ainsi été interrogé il y a quelques semaines par un journaliste de la Gazette des Communes à ce sujet.

Ce droit de préemption sur les fonds de commerce n’est pas né par hasard. Souvenons-nous des réactions soulevées par la disparition de commerces de proximité au profit d’agences immobilières ou bancaires, et par la concentration des bars : nous étions sans cesse interpellés, sans cependant pouvoir agir à notre guise. Certes, nous pouvions préempter, mais uniquement lorsque les murs étaient mis en vente. Cela explique la rareté des acquisitions réalisées par la Ville. Acquisitions rares, mais emblématiques : l’Angélus (face à la Mairie) et deux commerces rue Saint-Michel.

Notre intérêt dans ce domaine ne date donc pas d’aujourd’hui, et j’ajoute que dès 2001, nous avions étendu le droit de préemption traditionnel, en affirmant comme priorité l’objectif de donner au quartier Saint-Michel / Sainte-Anne une vocation différente, plus mixte.

Dans le cas présent, l’achat des murs nous permet en outre d’agir sur le devenir de l’impasse des Barrières, qui est une voie privée, alors même que des problèmes d’usages se posent : qualité du revêtement et de l’éclairage, propreté. Et c’est sans doute là que cette délibération prend tout son sens. Car nos objectifs, en acquérant le 1929, sont parfaitement clairs, et sont à mettre en parallèle avec l’action que nous menons pour rénover le Centre ancien. Cette action doit être globale, et doit pouvoir utiliser tous les outils dont dispose la Ville.

« Mener une action ciblée sur le Centre ancien » : cette proposition figurait dans le programme municipal des Radicaux de Gauche. La décision que nous prenons ce soir ne fait que compléter un édifice, dans lequel nous trouvons déjà la Charte de la vie nocturne et le dispositif Noz’ambule.

Nous voterons donc cette délibération.

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Crise agricole : le gouvernement a sa part de responsabilité

Le gouvernement a sa part de responsabilité dans les raisons qui poussent les agriculteurs à manifester aujourd’hui, estiment Honoré Puil (président départemental du Parti Radical de Gauche, et Vice-président de Rennes Métropole) et Pierre Christen (Conseiller municipal PRG de Rennes). En effet, différentes mesures gouvernementales ont détricoté les systèmes nationaux qui protégeaient la production agricole vis à vis des fluctuations des cours mondiaux et des déséquilibres des marchés.

Rappelons que la crise qui frappe les éleveurs laitiers a été aggravée par la décision de Bercy d’interdire la fixation professionnelle du prix du lait.

Dans le même temps, la loi de modernisation de l’économie (LME), censée améliorer la pouvoir d’achat des Français, a surtout déséquilibré les rapports de force en donnant plus de pouvoir encore à la distribution, secteur pourtant déjà très concentré.

On ne peut que s’étonner de la naïveté du clan gouvernemental. Dernièrement, le président UMP de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, Patrick Ollier, affirmait que la LME était « contournée par des méthodes inacceptables » dans le cadre des relations entre agriculteurs et distributeurs.

Ne cherchons pas de bouc émissaire ni du côté des distributeurs, qui utilisent les outils que le gouvernement a bien voulu mettre à leur disposition, ni du côté de la Commission européenne, face à laquelle les Ministres de l’Agriculture de l’ère Sarkozy ont défendu une position libérale de la production, inédite dans l’histoire hexagonale.

C’est bien le gouvernement et sa visée ultra-libérale qui met aujourd’hui les agriculteurs dans la rue.

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Réforme des collectivités : « Reprise en main et étouffement des pouvoirs locaux »

Conseil municipal du 5 octobre 2009 – Pendant la discussion d’un voeu, présenté par la Majorité municipale, sur la suppression de la taxe professionnelle, Honoré Puil est intervenu au nom du groupe PRG, dénonçant une « reprise en main » et un « etouffement » des pouvoirs locaux.

Monsieur le Maire,
Chers collègue,

Je remercie notre collègue François André d’ouvrir le débat par ce vœu, sur la réforme des collectivités engagée par le gouvernement.

Sans détailler ici l’ensemble des mesures proposées, je souhaiterais m’attarder sur une disposition centrale du projet, assez révélatrice de l’état d’esprit qui a prévalu à son élaboration. Il s’agit de remplacer une organisation où à chacun des trois échelons correspond un type d’élu, par une formule où l’élu territorial siègerait le lundi au Conseil Général, le mardi au Conseil Régional, dieu ou le diable sait où le mercredi ! Comme simplification, vous admettrez qu’on fait mieux.

Regardons du côté de nos voisins européens, non pour copier leur « mille-feuilles administratif », mais pour en comparer la recette. Et l’on s’aperçoit qu’à l’exception de quelques pays parmi les plus petits, les Européens connaissent un découpage semblable au nôtre, et il s’avère que le « mille-feuilles français » est, au final, plutôt digeste.

Hélas, ce projet s’inscrit dans un processus plus global qui mène à une « reprise en main » des collectivités territoriales. Ces dernières ont d’abord subi de nombreux transferts de charges qui ne se sont pas accompagnés de transferts équivalents de ressources.

Puis vint l’annonce de la suppression de la taxe professionnelle qui rognera encore plus leur autonomie financière et rompra le lien entre entreprises et territoires. Au final, après avoir organisé l’asphyxie financière des collectivités le gouvernement prépare leur étouffement démocratique.

Plus grave, les promoteurs de cet avant-projet de loi stigmatisent les élus locaux avec une dangereuse brutalité, une vision relevant plus de l’image d’Epinal, assez éloignée de la réalité de nos territoires. A ceux-ci, je dis qu’en matière de gouvernance et d’endettement les collectivités locales font plutôt figure de modèle si on les compare aux institutions étatiques.

Et l’on voit que, subrepticement, s’immiscent dans le débat, dans les médias, des relents poujadistes, où l’on argue que « les élus coûtent cher » et qu’en diminuer le nombre serait la garantie d’efficacité et d’économies.

Or il faut rendre ici hommage aux nombreux élus locaux qui participent grandement à la vie démocratique, à l’aménagement du territoire, incarnent la présence publique en particulier dans les quartiers et dans les zones rurales délaissées par l’Etat. Tout cela, en pesant considérablement peu dans les budgets de leurs collectivités.

Ce prétendu acte III de la décentralisation s’apparente plus à un acte I de la recentralisation. Malgré les oppositions à ce projet venant de gauche comme de droite, le gouvernement s’entête à inscrire à l’ordre du jour du Parlement l’examen de ce texte dès l’automne, ajoutant à la myopie la surdité. Face à ce repli jacobin, les Radicaux diront, de toutes leurs forces, à toutes les tribunes, non à cette réforme, oui à la décentralisation.

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La Poste : « Merci aux 12 000 Rennais qui ont dit non »

En complément de l’intervention de Pierre Christen sur le rapport annuel de Veolia, Maryline Daunis est revenue pendant le Conseil municipal sur la votation citoyenne du 3 otobre 2009.

L’examen de ce rapport annuel est l’occasion pour nous de nous intéresser au fonctionnement d’un service public sur lequel nous avons – en tant que commune – un droit de regard, et vous connaissez la position du groupe PRG sur la question de l’eau potable à Rennes.

Lorsque nous défendons une gestion en régie, nous le faisons par principe, parce que nous ne voyons pas très bien en quoi une délégation de service public et un contrat d’affermage permettent au service public d’être mieux assuré. Mon collègue Pierre Christen l’a rappelé à l’instant.

Mais permettez-moi, chers collègues, de faire un rapprochement avec ce qui s’est passé à Rennes et partout en France ce samedi 3 octobre. Plus de deux millions de Français ont participé à la votation citoyenne sur le statut de La Poste, et plus de 90 % d’entre eux refusent la privatisation de l’établissement. A Rennes, près de 12 000 personnes, des citoyens-usagers, se sont prononcés, de toutes origines sociales, de tous les âges, de tous les quartiers.

Le groupe Radical de Gauche remercie chaleureusement toutes les Rennaises et tous les Rennais qui se sont mobilisés pour participer à cette votation. Il remercie également les élus – nombreux – du Conseil municipal et les responsables associatifs et syndicaux qui ont pris part à cette mobilisation.

Le gouvernement doit maintenant tenir compte de l’expression des citoyens.

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Veolia : « Nos interrogations demeurent »

A l’occasion de l’examen, pendant la séance du Conseil municipal du 5 octobre, du rapport 2008 de Veolia, le groupe PRG est intervenu par la voix de Pierre Christen.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Comme l’an dernier, le groupe Radical de Gauche prendra acte du rapport d’exercice 2008 de Véolia. Comme l’an dernier, notre groupe fournira les mêmes réserves.

Peut-on déléguer le service public d’eau potable à une entreprise privée comme Véolia ? A cette question, nous continuons à répondre non.

« L’eau n’est pas n’importe quel type de bien. C’est un bien indispensable à tous, pour lequel, depuis des siècles, on se bat à travers le monde, dont la qualité ici, par exemple en Bretagne, conditionne notre développement économique. Et, lorsqu’il s’agit d’un bien aussi vital, la maîtrise publique doit être totale et, seule la régie peut nous le garantir complètement et en toute sécurité« . C’est ce que nous disions ici même en 2004, lors du choix de Veolia comme titulaire du contrat d’affermage, et nous n’avons pas une seule virgule à retirer à cette déclaration.

Permanence de nos déclarations, également, lorsque nous pointions le nombre de 551 coupures d’eau pour impayés en 2007. En 2008, ce chiffre est de 620, soit une augmentation de 12,5 %. Pourquoi cette hausse, alors même que Véolia prétend avoir mis en place une nouvelle procédure pour limiter les impayés ?

Peut-être cela est-il du au fait qu’il n’y ait qu’un seul relevé de compteur par an, tandis que le budget des ménages dans notre Ville est de plus en plus contraint.

Le moment n’est pas venu, ce soir, de refaire le débat de 2003-2004, ni d’entamer celui que nous aurons à l’échéance du contrat liant la Ville de Rennes à Véolia. Mais ne perdons pas de vue que les interrogations et les questionnements demeurent nombreux à l’heure actuelle.

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La Poste : tous aux urnes le 3 octobre !

Le 3 octobre, votation citoyenne

Le 3 octobre, votation citoyenne

La 3 octobre a lieu une votation citoyenne pour permettre aux Français de se prononcer sur l’évolution du statut de La Poste. Opposés à une privatisation et au démantèlement d’un service public essentiel au lien social dans nos territoires, les élus PRG de Rennes appellent les Rennaises et les Rennais à venir nombreux ce samedi dans un des bureaux de vote ouverts.

Un lieu de vote sera installé en centre-ville de Rennes, place de la République (face à l’agence LCL), de 9 heures à 18 heures

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La Poste : sept arguments contre la privatisation

1er argument : « Le statut public est un obstacle au développement de La Poste ! »

FAUX. Depuis des années, La Poste a prouvé le contraire par la création de 102 filiales et par l’explosion de sa croissance externe via l’achat d’entreprises dans le monde entier (quelques exemples : Exapaq pour 430 millions d’euros, Orsid pour 19 millions d’euros, création du réseau DPD en Allemagne, partenariat avec la SNCF pour le Fret GV…). De plus, La Poste vient de prendre position sur le marché du portage de presse et d’établir une tête de pont DPD en Chine !

La Poste a multiplié les partenariats financiers : Société Générale, Matmut, Crédit Municipal de Paris. Des accords de transport aérien ont été noués avec Air France/KLM, Sodexi, Aramex et même TNT.

L’entreprise publique a engagé, en 2004, un vaste programme de rénovation de son réseau d’acheminement et de distribution : La Poste investit 3,4 milliards d’euros sur 7 ans. Par ailleurs, 834 bureaux de Poste furent rénovés pour la seule année 2007.

2ème argument : « Il faut ouvrir le capital pour assurer l’unité de l’entreprise ! »

FAUX. Pourquoi s’être alors obstiné à détruire cette unité au fil des réorganisations/désorganisations (SOFT, NDO, PFT…) ? Les métiers, installés dans leur pré carré, développent leur propre stratégie, établissent leurs règles de gestion et déterminent, pour l’essentiel, une politique RH « maison ». À tel point qu’émergent de nouvelles appellations.

Ne parle-t-on pas, en effet, de « Groupe Courrier » ? Et voici que l’Enseigne se dote elle aussi d’un siège social…

La Banque Postale est la première à montrer la désunion plutôt que l’union ! Après un premier partenariat noué sur la monétique, elle va très probablement étendre sa collaboration avec la Société Générale pour la commercialisation des prêts à la consommation. En effet, rien n’interdit de penser que demain, dans trois ou cinq ans, les deux banques de détail mettront en commun leur réseau ! S’agissant de l’emploi, chacun comprendra que ce sera une soustraction et non une addition !

3ème argument : « Concurrence oblige ! »

La concurrence ne commencera pas à partir du 1er janvier 2011 ! Elle existe déjà. Aujourd’hui, hormis les envois de moins de 50 g, toutes les prestations de La Poste sont déjà en concurrence, y compris pour le livret A. Pourquoi donc changer de statut alors que l’entreprise publique fait face à la situation, et ce malgré les handicaps liés au désengagement financier de l’État !

La Poste publique tire toujours son épingle du jeu ! « Boosté » par l’e-commerce, le chiffre d’affaires de l’express a progressé de 8 % en 2007 par rapport à 2006 tandis que celui du colis a augmenté, pour la même période, de 7,4 %. Quant au produit net bancaire (PNB), il est en augmentation de 5 %. Seul le courrier, (11,57 milliards de chiffre d’affaires), navire amiral du groupe, connaît quelques difficultés. Lesquelles sont liées à une baisse des volumes (–2,5 % depuis le début de l’année 2008). Les postes allemande et néerlandaise, porte-drapeau de la privatisation, subissent d’ailleurs le même phénomène, dû au contexte économique.
Là encore, ce n’est pas un changement de statut qui effacera les effets de la crise des subprimes et l’envolée des prix de l’or noir.

L’ouverture du capital permettrait d’obtenir de lever en bourse 2 milliards d’euros de cash ! Mais pour quoi faire ? Quel est le véritable projet industriel de La Poste ? Grâce au travail des postiers, le résultat d’exploitation atteint 1,3 milliard pour un résultat net de 943 millions d’euros. La Poste n’a jamais fait autant de bénéfice ! Tant mieux ! Mais alors pourquoi privatiser ? Pour acheter encore des entreprises étrangères ? Pour conquérir des Marchés en Asie ? Pour être exposés aux aléas des indicateurs boursiers ? La Poste, nous l’avons vu, a démontré qu’elle pouvait dégager des marges de manœuvre pour assurer son développement. On veut nous faire peur ! Il faut sortir de ce raisonnement simpliste qu’on veut nous imposer, à savoir : « Il faut privatiser, sinon, nous allons être mangés ! » Tous les exemples montrent que la meilleure chance « d’être mangé » c’est justement d’entrer en bourse !

4 ème argument : « L’Europe ! »

On nous dit que seules les postes luxembourgeoise et française n’ont pas encore le statut de société anonyme. Et alors ? Comme si s’aligner sur les autres était un gage de vérité et de réussite. Rappelons aussi que les traités européens n’obligent pas les entreprises à changer de statut en cas d’ouverture des marchés.

Les résultats de nos voisins ne sont pas si reluisants qu’on nous le dit. En 1989, la poste allemande s’est séparée de ses services financiers. Face à la baisse spectaculaire de la fréquentation de ses bureaux, elle a fait machine arrière. La Deutsche Post a dû monnayer 2,3 milliards d’euros le rachat de sa propre fille, la Postbank. Mais la leçon n’a pas suffi : la Postbank va être de nouveau vendue ! Certes, la maison mère et l’État vont toucher un gros chèque mais pour les usagers le prix réel est douloureux : les 850 plus grands bureaux sont devenus des agences bancaires. Les autres ont été transformés en papeterie.

Pour les opérations postales, il suffit de s’adresser aux supérettes. La poste allemande est devenue une poste sans bureaux de poste ; c’est avant tout une entreprise de logistique qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’international. Et qui commence à connaître de sérieux déboires, notamment aux USA. Enfin, et contrairement à une idée reçue, l’essor initial de la Deutsche Post n’est pas dû à son entrée en bourse : sa cotation est médiocre. Non, les acquisitions tous azimuts du géant d’Outre-Rhin sont le fruit du trésor de guerre accumulé à l’époque du monopole grâce à un prix du timbre le plus élevé d’Europe !
C’est le monopole qui a enrichi la poste allemande, ce n’est pas la bourse.

La poste belge appartient-elle encore aux Belges ? L’opérateur postal hollandais vient de se débarrasser de sa filiale messagerie express. Quant au fameux modèle suédois, il est surtout celui du « moins un tiers » : un tiers d’emplois en moins, un tiers des bureaux fermés !

5ème argument : « Les postiers pourraient devenir actionnaires de leur entreprise ! »

Chacun a une petite idée de ce que cela pourrait donner : au printemps 2008, les comptes de La Poste sont rendus public. Grâce au travail des postiers, le résultat d’exploitation atteint 1,3 milliard pour un résultat net de 943 millions d’euros. En contrepartie, chaque agent a royalement perçu un intéressement de 93 euros !

6ème argument : « Le changement de statut n’aurait aucun impact sur l’emploi ! »

FAUX. Que veut un actionnaire ? Gagner de l’argent ! Pour cela, on devra obligatoirement se plier aux règles des marchés boursiers qui sont toujours les même, à savoir : plus de bénéfices, moins d’emplois, plus de productivité, charges à la baisse, élimination des branches qui ne rapportent pas, délocalisations, etc. Cela veut dire, des conditions de travail en constante dégradation et des organisations en perpétuelles restructurations.

Contractuels comme fonctionnaires, cadres ou non cadres, tout le personnel sera concerné. Il n’y aura pas à La Poste de départs anticipés en retraite comme à France Télécom, inutile de caresser de faux espoirs, pas assez d’argent pour cela !

7 ème argument : « Le changement de statut n’aurait pas d’impact sur le service public ! »

Pourtant l’État se désengage ! La Poste a été contrainte de signer un chèque à l’État de 2 milliards d’euros et de s’endetter à hauteur de 1,8 milliard à titre de « compensation » pour le financement des retraites des fonctionnaires. Faut-il rappeler aussi que le coût des quatre missions de service public ? Accessibilité bancaire, service universel, transport/distribution de la presse et aménagement du territoire, pèsent entre 800 millions et 1 milliard d’euros sur les comptes de La Poste. N’oublions pas non plus que l’entreprise publique a versé à l’État un dividende de 141 millions au titre de l’année 2007 !

Quel sera à terme l’avenir du réseau et des bureaux de Poste «non rentables» ? La réponse paraît évidente : fermeture ou transfert vers les collectivités locales !

De quoi sera fait le monde postal demain ?

Un État majoritaire, même dans une société anonyme, subirait toujours les foudres de Bruxelles à chaque fois qu’il investirait un centime dans La Poste : abus de position dominante ! Il est donc faux d’affirmer qu’une société anonyme contrôlée par l’État serait libre d’agir à sa guise.

L’arrière-pensée est bien de procéder comme avec France Télécom et de passer rapidement sous la barre des 50 % du capital. Cela s’appelle une privatisation.

L’ouverture des marchés du courrier favorisera-t-elle l’émergence de nombreux opérateurs alternatifs ? Y aura-t-il au contraire constitution d’oligopoles, de car tels imposant leurs tarifs aux dépens des clients ? Est-on bien sûr d’emprunter le bon chemin ?

La démocratie exige que l’on en débatte, au sein de La Poste comme dans tout le pays.

Malgré le flou du projet, le Gouvernement et La Poste sont explicites dans leur choix : ils veulent transformer l’exploitant public en société anonyme. Nous avons montré que cette opération, purement idéologique, serait inutile et néfaste pour les usagers et les salariés. La Poste dispose de tout l’outillage juridique pour se défendre face à ses concurrents. Prétendre que des actionnaires accepteraient de rogner sur leurs dividendes pour financer le service public est une hypocrisie ou une naïveté.

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