La Poste : tous aux urnes le 3 octobre !

Le 3 octobre, votation citoyenne

Le 3 octobre, votation citoyenne

La 3 octobre a lieu une votation citoyenne pour permettre aux Français de se prononcer sur l’évolution du statut de La Poste. Opposés à une privatisation et au démantèlement d’un service public essentiel au lien social dans nos territoires, les élus PRG de Rennes appellent les Rennaises et les Rennais à venir nombreux ce samedi dans un des bureaux de vote ouverts.

Un lieu de vote sera installé en centre-ville de Rennes, place de la République (face à l’agence LCL), de 9 heures à 18 heures

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La Poste : sept arguments contre la privatisation

1er argument : « Le statut public est un obstacle au développement de La Poste ! »

FAUX. Depuis des années, La Poste a prouvé le contraire par la création de 102 filiales et par l’explosion de sa croissance externe via l’achat d’entreprises dans le monde entier (quelques exemples : Exapaq pour 430 millions d’euros, Orsid pour 19 millions d’euros, création du réseau DPD en Allemagne, partenariat avec la SNCF pour le Fret GV…). De plus, La Poste vient de prendre position sur le marché du portage de presse et d’établir une tête de pont DPD en Chine !

La Poste a multiplié les partenariats financiers : Société Générale, Matmut, Crédit Municipal de Paris. Des accords de transport aérien ont été noués avec Air France/KLM, Sodexi, Aramex et même TNT.

L’entreprise publique a engagé, en 2004, un vaste programme de rénovation de son réseau d’acheminement et de distribution : La Poste investit 3,4 milliards d’euros sur 7 ans. Par ailleurs, 834 bureaux de Poste furent rénovés pour la seule année 2007.

2ème argument : « Il faut ouvrir le capital pour assurer l’unité de l’entreprise ! »

FAUX. Pourquoi s’être alors obstiné à détruire cette unité au fil des réorganisations/désorganisations (SOFT, NDO, PFT…) ? Les métiers, installés dans leur pré carré, développent leur propre stratégie, établissent leurs règles de gestion et déterminent, pour l’essentiel, une politique RH « maison ». À tel point qu’émergent de nouvelles appellations.

Ne parle-t-on pas, en effet, de « Groupe Courrier » ? Et voici que l’Enseigne se dote elle aussi d’un siège social…

La Banque Postale est la première à montrer la désunion plutôt que l’union ! Après un premier partenariat noué sur la monétique, elle va très probablement étendre sa collaboration avec la Société Générale pour la commercialisation des prêts à la consommation. En effet, rien n’interdit de penser que demain, dans trois ou cinq ans, les deux banques de détail mettront en commun leur réseau ! S’agissant de l’emploi, chacun comprendra que ce sera une soustraction et non une addition !

3ème argument : « Concurrence oblige ! »

La concurrence ne commencera pas à partir du 1er janvier 2011 ! Elle existe déjà. Aujourd’hui, hormis les envois de moins de 50 g, toutes les prestations de La Poste sont déjà en concurrence, y compris pour le livret A. Pourquoi donc changer de statut alors que l’entreprise publique fait face à la situation, et ce malgré les handicaps liés au désengagement financier de l’État !

La Poste publique tire toujours son épingle du jeu ! « Boosté » par l’e-commerce, le chiffre d’affaires de l’express a progressé de 8 % en 2007 par rapport à 2006 tandis que celui du colis a augmenté, pour la même période, de 7,4 %. Quant au produit net bancaire (PNB), il est en augmentation de 5 %. Seul le courrier, (11,57 milliards de chiffre d’affaires), navire amiral du groupe, connaît quelques difficultés. Lesquelles sont liées à une baisse des volumes (–2,5 % depuis le début de l’année 2008). Les postes allemande et néerlandaise, porte-drapeau de la privatisation, subissent d’ailleurs le même phénomène, dû au contexte économique.
Là encore, ce n’est pas un changement de statut qui effacera les effets de la crise des subprimes et l’envolée des prix de l’or noir.

L’ouverture du capital permettrait d’obtenir de lever en bourse 2 milliards d’euros de cash ! Mais pour quoi faire ? Quel est le véritable projet industriel de La Poste ? Grâce au travail des postiers, le résultat d’exploitation atteint 1,3 milliard pour un résultat net de 943 millions d’euros. La Poste n’a jamais fait autant de bénéfice ! Tant mieux ! Mais alors pourquoi privatiser ? Pour acheter encore des entreprises étrangères ? Pour conquérir des Marchés en Asie ? Pour être exposés aux aléas des indicateurs boursiers ? La Poste, nous l’avons vu, a démontré qu’elle pouvait dégager des marges de manœuvre pour assurer son développement. On veut nous faire peur ! Il faut sortir de ce raisonnement simpliste qu’on veut nous imposer, à savoir : « Il faut privatiser, sinon, nous allons être mangés ! » Tous les exemples montrent que la meilleure chance « d’être mangé » c’est justement d’entrer en bourse !

4 ème argument : « L’Europe ! »

On nous dit que seules les postes luxembourgeoise et française n’ont pas encore le statut de société anonyme. Et alors ? Comme si s’aligner sur les autres était un gage de vérité et de réussite. Rappelons aussi que les traités européens n’obligent pas les entreprises à changer de statut en cas d’ouverture des marchés.

Les résultats de nos voisins ne sont pas si reluisants qu’on nous le dit. En 1989, la poste allemande s’est séparée de ses services financiers. Face à la baisse spectaculaire de la fréquentation de ses bureaux, elle a fait machine arrière. La Deutsche Post a dû monnayer 2,3 milliards d’euros le rachat de sa propre fille, la Postbank. Mais la leçon n’a pas suffi : la Postbank va être de nouveau vendue ! Certes, la maison mère et l’État vont toucher un gros chèque mais pour les usagers le prix réel est douloureux : les 850 plus grands bureaux sont devenus des agences bancaires. Les autres ont été transformés en papeterie.

Pour les opérations postales, il suffit de s’adresser aux supérettes. La poste allemande est devenue une poste sans bureaux de poste ; c’est avant tout une entreprise de logistique qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’international. Et qui commence à connaître de sérieux déboires, notamment aux USA. Enfin, et contrairement à une idée reçue, l’essor initial de la Deutsche Post n’est pas dû à son entrée en bourse : sa cotation est médiocre. Non, les acquisitions tous azimuts du géant d’Outre-Rhin sont le fruit du trésor de guerre accumulé à l’époque du monopole grâce à un prix du timbre le plus élevé d’Europe !
C’est le monopole qui a enrichi la poste allemande, ce n’est pas la bourse.

La poste belge appartient-elle encore aux Belges ? L’opérateur postal hollandais vient de se débarrasser de sa filiale messagerie express. Quant au fameux modèle suédois, il est surtout celui du « moins un tiers » : un tiers d’emplois en moins, un tiers des bureaux fermés !

5ème argument : « Les postiers pourraient devenir actionnaires de leur entreprise ! »

Chacun a une petite idée de ce que cela pourrait donner : au printemps 2008, les comptes de La Poste sont rendus public. Grâce au travail des postiers, le résultat d’exploitation atteint 1,3 milliard pour un résultat net de 943 millions d’euros. En contrepartie, chaque agent a royalement perçu un intéressement de 93 euros !

6ème argument : « Le changement de statut n’aurait aucun impact sur l’emploi ! »

FAUX. Que veut un actionnaire ? Gagner de l’argent ! Pour cela, on devra obligatoirement se plier aux règles des marchés boursiers qui sont toujours les même, à savoir : plus de bénéfices, moins d’emplois, plus de productivité, charges à la baisse, élimination des branches qui ne rapportent pas, délocalisations, etc. Cela veut dire, des conditions de travail en constante dégradation et des organisations en perpétuelles restructurations.

Contractuels comme fonctionnaires, cadres ou non cadres, tout le personnel sera concerné. Il n’y aura pas à La Poste de départs anticipés en retraite comme à France Télécom, inutile de caresser de faux espoirs, pas assez d’argent pour cela !

7 ème argument : « Le changement de statut n’aurait pas d’impact sur le service public ! »

Pourtant l’État se désengage ! La Poste a été contrainte de signer un chèque à l’État de 2 milliards d’euros et de s’endetter à hauteur de 1,8 milliard à titre de « compensation » pour le financement des retraites des fonctionnaires. Faut-il rappeler aussi que le coût des quatre missions de service public ? Accessibilité bancaire, service universel, transport/distribution de la presse et aménagement du territoire, pèsent entre 800 millions et 1 milliard d’euros sur les comptes de La Poste. N’oublions pas non plus que l’entreprise publique a versé à l’État un dividende de 141 millions au titre de l’année 2007 !

Quel sera à terme l’avenir du réseau et des bureaux de Poste «non rentables» ? La réponse paraît évidente : fermeture ou transfert vers les collectivités locales !

De quoi sera fait le monde postal demain ?

Un État majoritaire, même dans une société anonyme, subirait toujours les foudres de Bruxelles à chaque fois qu’il investirait un centime dans La Poste : abus de position dominante ! Il est donc faux d’affirmer qu’une société anonyme contrôlée par l’État serait libre d’agir à sa guise.

L’arrière-pensée est bien de procéder comme avec France Télécom et de passer rapidement sous la barre des 50 % du capital. Cela s’appelle une privatisation.

L’ouverture des marchés du courrier favorisera-t-elle l’émergence de nombreux opérateurs alternatifs ? Y aura-t-il au contraire constitution d’oligopoles, de car tels imposant leurs tarifs aux dépens des clients ? Est-on bien sûr d’emprunter le bon chemin ?

La démocratie exige que l’on en débatte, au sein de La Poste comme dans tout le pays.

Malgré le flou du projet, le Gouvernement et La Poste sont explicites dans leur choix : ils veulent transformer l’exploitant public en société anonyme. Nous avons montré que cette opération, purement idéologique, serait inutile et néfaste pour les usagers et les salariés. La Poste dispose de tout l’outillage juridique pour se défendre face à ses concurrents. Prétendre que des actionnaires accepteraient de rogner sur leurs dividendes pour financer le service public est une hypocrisie ou une naïveté.

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Bilan de la saison touristique

Interpellé par l’opposition sur la fréquentation touristique à Rennes pendant l’été 2009, Honoré Puil a dressé, devant le Conseil municipal du 7 septembre, un premier bilan de la saison estivale.

Les Champs Libres

Les Champs Libres

En réponse à votre question, je veux d’abord vous rassurer. Le tourisme reste une préoccupation majeure de la ville et de Rennes Métropole.

Rennes Métropole a souhaité, depuis plusieurs années maintenant, que des efforts soient réalisés en faveur du tourisme d’agrément. Cette orientation a donné lieu à la signature d’une convention d’objectifs et de moyens avec l’Office du Tourisme. La volonté politique est donc là, et sa traduction concrète aussi, si l’on en juge par les budgets importants qui sont affectés maintenant à la promotion de la destination Rennes.

Budgets en augmentation du fait à la fois de notre volonté politique mais aussi du fait des acteurs du tourisme qui ont accepté sans aucune difficulté de participer au développement de l’action touristique au travers de la taxe de séjour. Et vous savez comme moi – et peut-être mieux que quiconque ici d’autre – que le produit de la taxe de séjour est utilisé et entièrement affecté à l’action touristique, ce qui n’est pas toujours le cas dans certaines villes.

Ceci dit,  je veux quand même rappeler que le produit de la taxe de séjour n’est pas un fromage dans lequel nous pouvons puiser sans aucune restriction. Les sommes collectées tombent dans le budget global de Rennes Métropole, ce qui veut dire que l’élu en charge du tourisme doit défendre son budget comme n’importe quel élu. Il n’a pas à sa disposition un compte particulier dans lequel il pourrait puiser comme cela !

En revanche, nous devons justifier d’un engagement de dépenses en faveur du tourisme à hauteur du produit de cette taxe. Ce que nous faisons bien évidemment ; vous pouvez le vérifier en consultant le dernier compte administratif de Rennes Métropole.

Pour le reste que dire sur la saison 2009 ? Je ne suis pas sûr d’ailleurs qu’il soit forcément toujours pertinent de continuer à parler de saison touristique telle que nous la connaissions auparavant, c’est-à-dire limitée aux mois de juin, juillet et août.

Depuis quelques années déjà, les touristes fractionnent leurs congés, prennent des week-end prolongés, ce qui bien entendu modifie quelque peu l’analyse. Ce qui veut dire qu’il est sans doute plus pertinent maintenant de faire une analyse sur l’année.

Globalement (mais ce n’est pas une surprise) nous constatons une baisse de fréquentation sur le territoire au cours de l’été 2009, principalement dûe à la désaffection de la clientèle étrangère, toutes nationalités confondues (ici à Rennes comme ailleurs).

La chute de la Livre a notamment fait disparaître la clientèle anglaise, habituellement importante à Rennes. Chacun connaît aussi la situation de l’Espagne, premier pays pourvoyeur de touristes pour la ville. En revanche, nous enregistrons une bonne fréquentation de la clientèle française.

Le point accueil du Parlement de Bretagne enregistre une fréquentation en hausse. Celle de l’Office du Tourisme est en baisse, mais reste néanmoins supérieure à celle de 2007.

Enfin, un mot sur la fréquentation des équipements culturels : celle des Champs Libres peut être considérée comme satisfaisante en comparaison à 2008, qui avait bénéficié d’une affluence exceptionnelle avec l’exposition « Le Roi Arthur ». Cet été, les Champs Libres ont ainsi reçu plus de 136 000 visiteurs, soit un niveau comparable aux étés 2006 et 2007, avec une hausse notable par rapport à ces deux années pour l’Espace des Sciences et le Musée de Bretagne. Quant à l’Ecomusée, il a connu une très bonne fréquentation, en hausse de 70 % en août par rapport au même mois en 2008.

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Charte de la vie nocturne : le PRG vote pour

Lors de la discussion, par le Conseil municipal, de la Charte de la vie nocturne, Honoré Puil est intervenu au nom du groupe PRG pour apporter son soutien à ce texte.

Honoré Puil

Honoré Puil

La ville, la nuit : cette réflexion ne date pas d’aujourd’hui, et cela fait plusieurs années maintenant que les élus Radicaux de Gauche évoquent une action publique ciblée dans l’espace (le quartier Sainte-Anne / Saint-Michel) et dans le temps (la nuit et en fin de semaine).

En 2008, dans notre programme municipal, nous posions les jalons d’une action municipale ambitieuse, que la Charte de la Vie Nocturne va entériner : mise en place d’agents de médiation (il s’agit du dispositif Noz’ambule), vidéo-surveillance, extension des horaires de la police municipale

Alors, autant vous le dire tout de suite, et faire retomber le suspens : les élus Radicaux de Gauche voteront cette délibération.

Cette Charte de la Vie Nocturne, telle que nous allons la voter ce soir, répond à plusieurs exigences, que nous avons formulées ici même à plusieurs reprises.

1°) Au niveau du principe général, d’abord. La Charte de la Vie Nocturne est une matérialisation (ou une verbalisation / une formulation) du vivre ensemble, du « vivre en intelligence » qui constitue la devise de notre ville. En posant ensemble des principes clairs, des engagements réciproques pris entre partenaires divers, des droits et des devoirs, ce document contribue à la qualité de vie, et à la confiance que les Rennaises et les Rennais portent entre eux. Faire société, cela veut dire respecter la présence d’autrui, et respecter l’altérité.

2°) Ensuite, nous voulons souligner la démarche partenariale qui est à la base de ce document. La Charte Rennaise de la Vie Nocturne associe tout le monde : Etat, Ville, justice, exploitants. En d’autres termes, elle rassemble celles et ceux qui fournissent des usages de la Ville, la nuit, et qui en gèrent les conséquences.

Je voudrais rappeler que cette même démarche était déjà à l’œuvre dans d’autres documents que la Ville de Rennes a signés ces dernières années (Charte de lutte contre l’alcoolisation des jeunes, Charte de qualité pur les bars et les restaurants), mais ici, le partenariat est plus large, gage d’une réussite.

3°) La Charte vise une meilleure articulation entre la prévention et la répression. Il est de bon ton, pour la droite, de critiquer la gauche en la taxant d’angélisme et de laxisme. Le président de la République a d’ailleurs à maintes reprises entretenu l’amalgame entre la gauche et les voyous, délinquants et criminels. Cela est regrettable, car lorsqu’elle est aux manettes, la gauche sait trouver l’équilibre entre la prévention et la répression. Ce n’est pas le cas de la droite, qui, lorsque Bernadette Malgorn était préfète, soutenait avec zèle et conviction la politique du bulldozer et du canon à eau.

4°) Pour la gauche, cet équilibre vient aussi d’une présence humaine plus importante sur l’espace public. La ville, la nuit, en effet, ne doit pas être vue et vécue comme une zone de non-droit. La présence humaine favorise le dialogue, la médiation, et au final, la connaissance par les différents acteurs des politiques publiques (ville, préfecture, associations) de ce qui se fait à Rennes la nuit.

Car il ne s’agit pas d’installer des caméras de vidéo-surveillance (ou « de vidéo-protection ») pour que les problèmes de sécurité sur la voie publique se règlent d’un coup de baguette magique. La technologie ne remplacera jamais la présence humaine. Nous ne sommes pas opposés à la vidéo-surveillance (nous l’avions d’ailleurs proposée en 2008 dans notre programme électoral), mais nous la souhaitons associée à des garanties en terme de contrôle et de respect de la vie privée. Nous accueillons donc favorablement la démarche entreprise, qui consiste à expérimenter la vidéo-surveillance sur certains points sensibles de notre ville, en l’accompagnant d’une charte éthique, et d’un comité d’éthique.

J’entends bien les critiques qui sont formulées, mais concernant la vidéo-surveillance, cela était annoncé très clairement dans notre programme municipal. Par ailleurs, cela existe déjà à Rennes, que ce soit dans le réseau STAR, ou dans les grands centres commerciaux.

Par ailleurs, je me permets de reprendre ce soir une proposition que le PRG avait faite en 2008 : la mise en place d’une police montée. Il va nous falloir, dans les prochains mois, passer du « c’est une bonne idée » au « ça va se faire » ! Car la police montée, tout le monde est pour, mais nous ne voyons aucun cheval à l’horizon !

5°) Le cinquième élément que nous retenons dans cette Charte Rennaise de la Vie Nocturne, c’est qu’elle est un des piliers de l’action spécifique que la Ville de Rennes entend mener dans le centre-ville. Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler ici, le 30 mars dernier, à l’occasion de l’examen d’une série de délibérations sur le Centre ancien : le centre ville de Rennes est malade de plusieurs maux. Ce petit territoire, qui assume des missions importantes de centralité, doit donc faire l’objet d’une attention particulière. A cet égard, la demande est forte, qu’elle émane des riverains, mais aussi des usagers.

6°) Enfin, cette charte illustre l’attention que porte notre équipe municipale au temps des villes. Je crois que quand on parle de la ville, il faut aussi y respecter la diversité des usages, dans le temps et dans l’espace.

« C’est beau, une ville la nuit » : ce qu’écrivait Richard Boringer s’applique aussi à Rennes. Il n’y a pas de raison pour que l’autorité se mette à détester et haïr tout ce qui se fait à Rennes après 20h30.

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Vœu sur le service public postal

Lors de la séance du Conseil municipal du 7 septembre, Maryline Daunis a présenté un voeu, au nom du groupe PRG, sur le service public postal, en prévision de la consultation lancée le 3 octobre 2009 par le Comité national contre la privatisation de La Poste

Maryline Daunis

Maryline Daunis

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Une Ville à vivre, une ville pour tous, une ville de tous les savoirs : telle était l’orientation choisie par les Rennaises et les Rennais lorsqu’ils ont choisi notre équipe, en mars 2008. Forts de la confiance qu’ils nous ont apportée, nous nous faisons un devoir, ici, de maintenir un haut niveau de service à la population. Les services publics constituent, en effet, un élément indéniable de la qualité de vie dans notre ville.

Parmi ces services publics, La Poste est sans doute celui qui participe le plus au maintien du lien social, notamment dans les quartiers défavorisés. C’est aussi le service public qui est le plus attendu dans les nouveaux quartiers, par les habitants qui s’y installent. Concernant Rennes, je pense par exemple à Beauregard, qui ne dispose toujours pas de bureau de poste, malgré les démarches entreprises par notre collègue Honoré Puil.

Notre rôle, notre devoir d’élus locaux est donc de veiller à ce que le service public postal soit assuré, maintenu et pérennisé. A ce titre, ce qui est décidé à Paris a des conséquences directes sur notre ville, et sur la façon dont nous pouvons y garantir une qualité de vie. Le projet, porté par le gouvernement de droite, visant à privatiser La Poste et à lui donner le statut de société anonyme ne peut qu’être combattu, au nom des valeurs que nous portons et qui fondent notre engagement dans la Cité.

L’an dernier, un comité national contre la privatisation de La Poste s’est constitué, et a lancé une campagne en faveur d’un référendum sur l’avenir de ce service public. Ce comité a lancé, pour le 3 octobre 2009, une votation citoyenne. Par ce vœu, nous proposons que la Ville de Rennes soutienne et facilite l’organisation de cette consultation.

Je vous propose donc,  mes chers collègues, d’approuver le vœu suivant

Le Conseil municipal de Rennes, réuni en séance, affirme que le service public de La Poste appartient à toutes et à tous.

- Considérant que le service public postal remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social. Que ses missions de service public dépassent le cadre du service universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale territoriale, dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires.

- Considérant que le gouvernement et la direction de La Poste envisagent de changer le statut de l’établissement public afin de le transformer en société anonyme dans le cadre de la loi de transposition de la directive postale mettant fin au monopole de La Poste sur le courrier de moins de 20 grammes et 1er janvier 2011.

- Considérant que ce service public postal est déjà l’objet de remises en cause très importantes qui ont abouti à une détérioration du service rendu à la collectivité. Plus de 6 100 bureaux de poste sur 17 000 ont déjà été transformés en « partenariats » et plus de 50 000 emplois ont été supprimés depuis 2002. Ceci se traduisant par un accroissement des tournées de facteurs à découvert, des horaires de levées avancées, des files d’attente qui s’allongent.

- Considérant qu’en Europe, les privatisations postales ont engendré baisse de qualité de service, augmentation des tarifs et destructions d’emplois.

- Considérant qu’à Rennes, La Poste est de moins en moins en mesure d’assurer ses missions de service public de façon correcte. Que certains quartiers, dont celui de Beauregard, ne disposent d’aucun bureau de poste. Que le service des chèques postaux est menacé avec la suppression de 82 emplois, et que cela impacte la qualité de vie de nos concitoyens.

- Considérant que le service public postal doit être maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire.

- Considérant que la population a son mot à dire sur l’avenir du service public postal, dans le cadre d’un débat public et d’un référendum.

- Considérant qu’une consultation nationale de la population est organisée le samedi 3 octobre 2009 à l’initiative du Comité National contre la privatisation de La Poste et pour l’ouverture d’un débat public et pour un référendum sur le service public postal.

Le Conseil municipal de Rennes

- Se prononce pour le retrait du projet de loi postale 2009 ;

- Soutient le Comité local de défense de La Poste pour l’organisation de la consultation citoyenne du 3 octobre 2009 sur la privatisation de La Poste pour en permettre le bon déroulement, il en assure l’information auprès des administrés de la commune ;

- Demande la tenue d’un référendum sur le service public postal.

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Baisse des prix dans la restauration : « encore insuffisantes » selon Honoré Puil et Maryline Daunis

Deux semaines après la mise en œuvre du taux de TVA réduit dans le secteur de la restauration, les baisses de prix sont encore insuffisantes.

En pleine saison touristique, il est essentiel que les restaurateurs rennais  – et sans doute davantage encore  les crêperies et pizzérias  qui affichent les marges les plus mirobolantes – se saisissent à plein de cette mesure qui doit d’abord profiter au consommateur puis à l’emploi.

La baisse de la TVA était une vieille demande du secteur de la restauration, dont le coût s’élève à 2,4 milliards d’euros pour l’Etat. Les restaurateurs doivent démontrer que les pouvoirs publics ont eu raison de leur faire confiance mais pour le moment ce n’est pas le cas !

Honoré Puil et Maryline Daunis

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Pourquoi j’ai dit non à Auchan

Honoré Puil

Honoré Puil

Depuis trois semaines, l’intérêt d’accueillir ou non le groupe Auchan s’était enfin installé dans le débat public. Trop tard sans doute pour que la population s’en empare ! Il faut dire que tout est fait pour éviter que ce type de dossier ne soit soumis à l’œil critique du citoyen. En effet, une demande de cette nature est enfermée dans des règles de confidentialité d’un autre âge qui amènent les acteurs concernés à retenir leurs paroles. L’excès de précaution a-t-il favorisé le groupe Auchan ? Nul ne le saura jamais ! La presse a bien exposé le projet mais sans en comprendre véritablement les enjeux et sans s’intéresser à la pièce qui se jouait en coulisses. Il faudra attendre les expressions publiques des formations écologistes, des organisations syndicales, de la Fédération des Commerçants de Rennes pour qu’enfin une amorce de débat s’installe. La première interpellation publique n’aura lieu que le lundi 6 juillet au Conseil municipal de Rennes, soit moins de quatre jours avant la prise de décision !

J’avais tenu à ce que le Groupe Auchan puisse exposer son projet devant la Commission Commerce du Pays de Rennes en avril dernier. C’est dans ce cadre – et dans celui-là seul – que les organisations consulaires, les représentants des communes ont pu prendre connaissance du contenu du projet. Pour le reste, le débat s’est limité à des échanges entres les principaux élus concernés de la majorité. Le débat a été parfois vif mais toujours respectueux des personnes. Le maire de Betton, c’est bien naturel, s’est engagé à fond pour le projet. On en n’attendait pas moins de lui ! Le maire de Rennes et président de Rennes Métropole s’est exprimé favorablement tenant compte des perspectives de développement à long terme de l’agglomération dans ce quadrant géographique. Quant au Président du Pays de Rennes habituellement fort soucieux de développement durable on se demande bien encore ce qui a pu le motiver pour soutenir un tel projet et à se mettre en danger à ce point lors du vote du Bureau du Scot le mardi 7 juin ?

La majorité est plurielle, j’ai exprimé et défendu un avis différent. Tout comme l’avais fait il y a quelques années mon collègue Guy Jouhier sur la fiscalité mixte face à Edmond Hervé.

Mon opposition n’est pas de principe mais repose sur des arguments solides. En effet, voici quelques années Rennes Métropole s’est doté d’un document politique d’orientation voté à l’unanimité appelé Charte d’Urbanisme Commercial, lequel prévoyait une extension limitée du pôle commercial de Betton mais en aucun cas la création d’un nouveau centre commercial de plus de 22 000 m2. Cette orientation a été traduite dans nos différents documents d’urbanisme. Le pôle devait se développer autour d’activités liées à la forme, aux loisirs, à la culture…..nous y trouverons tout autre chose et même de façon déguisée de l’alimentaire alors que cette activité y est interdite ! Comprenne qui pourra ! L’acceptation de ce projet est clairement une remise en cause de notre armature commerciale car il capte à son seul profit les potentiels de développement qui auraient pu être répartis équitablement et judicieusement sur l’ensemble du territoire au nom du développement durable. Au lieu de cela nous aurons un centre commercial clairement construit autour de l’utilisation de la voiture, à l’écart des quartiers d’habitation se situant dans un environnement vert important. N’a-t-on pas écrits et dits que le développement devait être pensé en continuité urbaine en mixant les fonctions (Habitat, commerces, activités) ? Enfin dans un contexte économique difficile et déjà fortement concurrentiel avait t-on besoin d’en rajouter ? Fallait-il être libéral au point de tirer avantage de la loi de modernisation de l’économie voulue par le président Sarkozy l’été dernier pour imposer ce projet ? Pour ma part, je pense que nous avons besoin dans ce domaine, comme dans d’autres, de régulation, de dialogue et non de concurrence sauvage. Les syndicats l’ont d’ailleurs bien compris en soutenant ma position et en pointant l’effet négatif ou nul de ce projet sur l’emploi global.

Au fond ce projet dévoreur d’espace n’apporte aucune plus-value à notre territoire mais il apportera, s’il voit le jour, beaucoup à la famille propriétaire d’Auchan déjà première fortune de France mais… en laissant sur le carreau beaucoup d’autres acteurs petits ou grands. Plus globalement ce modèle de centre commercial n’est-il pas remis en cause, à la fois pour des raisons écologiques mais aussi démographiques, quant on sait que la mobilité des ménages se réduit, que la taille des ménages diminue et que la moyenne d’âge s’élève. « Les jeunes comme les plus vieux se déplacent moins et achètent plus près et plus souvent » écrit Philippe Moatti dans la dernière livraison d’Alternatives Economiques ! De quoi s’interroger sur la pertinence du modèle proposé à Betton !

Honoré Puil (PRG)
Vice-président de Rennes Métropole
Délégué à l’urbanisme commercial, à l’artisanat et au tourisme

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La vie Auchan : chronique d’un échec annoncé

Communiqué d’Honoré Puil

Je prends acte du vote positif de la Commission départementale d’aménagement commercial du 10 juillet en faveur du projet Auchan à Betton. Cette décision est un non évènement car elle fera très probablement l’objet de multiples recours. La décision définitive ne sera en effet connue que dans plusieurs mois.

L’urbanisme commercial c’est comme « la vie, la vraie » (pour reprendre le slogan publicitaire d’Auchan), c’est plein de rebondissements.

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Pour l’entreprise citoyenne

Depuis quelques mois, le modèle économique que l’on nous présentait comme indépassable, basé sur une extrême financiarisation, le mythe de l’auto-régulation et l’objectif exclusif du profit maximum à court terme, est largement remis en cause. A juste titre. Libéraux, et solidaires, les Radicaux de Gauche prônent une économie ouverte et concurrentielle régulée par des objectifs sociaux et environnementaux fermes. Et défendent un modèle moderne de gouvernance des moyennes et grandes entreprises, qui associe mieux les salariés aux choix des dirigeants.

Le programme économique du Parti Radical de Gauche imagine l’entreprise comme étant au cœur d’une économie équitable. Il s’agit d’en faire le lieu non seulement de la création de richesses mais aussi celui où la répartition de celles-ci s’effectue de façon juste. L’économie sociale et solidaire, toujours promue par les Radicaux, avec les coopératives, les mutuelles et les associations en a montré le chemin.

Mais sans généraliser cette forme d’organisation, il est d’ores et déjà indispensable que les salariés, à travers leurs structures représentatives, par exemple les comités d’entreprises, aient un rôle plus important, et soient davantage informés et consultés. Dans les grandes entreprises, les salariés devraient pouvoir être représentés dans les conseils d’administration.

Peut-on accepter que des dirigeants licenciés pour incompétence touchent en une seule fois l’équivalent de 30 années de SMIC ? Une répartition plus équitable de la valeur ajoutée et du pouvoir doit s’accompagner de l’instauration de seuils maximaux pour la rémunération des dirigeants d’entreprises, s’appliquant aux salaires ainsi qu’aux différentes primes. De plus, l’institution d’une clé de répartition objective du produit net constaté en fin d’exercice doit conduire à la suppression des situations dans lesquelles les dividendes sont en augmentation, quand les salaires stagnent.

L’entreprise citoyenne, voulue par les Radicaux de Gauche, est donc une entreprise consciente de ses responsabilités sociales, et attentive aux préoccupations de ses différents acteurs.

Texte paru dans Le Rennais du 15 juin 2009

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Le Couvent des Jacobins accueillera le Centre de Congrès

Le Conseil communautaire de Rennes Métropole a approuvé, jeudi 18 juin, le choix du site du Couvent des Jacobins pour accueillir le Centre de Congrès, en projet depuis plusieurs années. Il a également donné son accord sur les objectifs du site, et les différentes fonctions qui seront les siennes.

A cette occasion, Honoré Puil est intervenu en qualité de vice-président de Rennes Métropole chargé du tourisme.

Nous sommes réunis ce soir, pour évoquer un des dossiers les plus importants de ce mandat, et qui représente, avec la deuxième ligne de métro, un des investissements les plus lourds. Le Centre de Congrès de Rennes Métropole est un grand projet, qui, au stade actuel, présente une double caractéristique.

Il s’agit d’abord d’un engagement pris devant les électeurs, à Rennes et dans l’ensemble de l’agglomération. J’ai en mémoire non seulement les déclarations et le programme de la liste de Daniel Delaveau à Rennes, mais aussi la plate-forme communautaire des candidats de la gauche, conclue pendant les élections de mars 2008.

Pour suivre l’évolution de ce dossier depuis son origine c’est-à-dire depuis 2005 et l’avoir présenté à Edmond Hervé, je peux ensuite témoigner de l’ancienneté des réflexions qui sont les nôtres, ainsi que de l’intensité des études et du travail mené, pour aboutir à la délibération de ce soir.

Le projet de Centre de Congrès a mobilisé l’attention d’un grand nombre de personnes, dans nos rangs et au-delà. Le débat qu’il a suscité dans l’espace public local a été riche, et il continue de l’être.

Mais avant d’expliquer en quoi la proposition qui est présentée ce soir est cohérente, je voudrais donner, ici, un certain nombre d’éléments permettant d’en comprendre une nouvelle fois les enjeux.

Eléments de cadrage

Qu’est-ce qu’un congrès ? Et qu’est-ce qu’un congressiste ?

 Un congrès, c’est une rencontre à caractère professionnel. Cela peut aller de la session de formation pour des nouveaux collaborateurs d’une entreprise – qui réunit une dizaine de personnes – à l’Assemblée générale d’un syndicat – rassemblant un millier de délégués.

Et une rencontre professionnelle, ce n’est pas simplement un raout d’hommes d’affaires costumés qui viennent parler finances, licenciements massifs et stock-options. Ca peut aussi être un Conseil national d’une mutuelle…

Je donne volontairement ces quelques exemples, car il me semble qu’il y ait un malentendu sur ce que représente le tourisme d’affaire. J’ai lu dans la presse ces derniers mois des propos édifiants  qui caricaturent le tourisme d’affaire. Pour excuses, il faut avoir la franchise de reconnaître que cette notion de tourisme d’affaires – en tant que politique publique, et à la différence d’un certain nombre de pays étrangers – est très jeune puisque les premières assises nationales de l’industrie des rencontres et évènements professionnels se sont déroulées  en 2008 et que le Comité National de pilotage des Foires, salons et congrès a vu le jour seulement  en 2007 !

Qu’est-ce qu’un centre de congrès ?

A partir de là, on peut aussi répondre à une autre question : qu’est-ce qu’un centre de congrès ? Et qu’est-ce qu’un centre de congrès n’est pas ?

D’abord, ce n’est pas un parc des expositions, ni un champ de foire. Non, un centre de congrès, c’est un ensemble intégré, pensé et cohérent de prestations, comprenant salles de réunions, auditoriums, salles d’exposition et de restauration.

Les rencontres professionnelles prennent différentes formes, et la vocation d’un centre de congrès est de s’adapter à cette diversité, et cela se retrouvera dans la fonctionnalité du site.

Le constat

Ceci étant dit, il nous reste à démontrer maintenant pourquoi il faut un centre de congrès à Rennes Métropole, et pourquoi il doit se situer dans l’enceinte du Couvent des Jacobins.

Ce Centre de Congrès n’est pas un caprice, comme certains ont voulu le sous-entendre. Il est la réponse – ou une des réponses – à un objectif : Rennes, capitale de la Bretagne, se doit d’être attractive au niveau national, européen et international.

Car l’attractivité, ce n’est pas seulement le fait que la population augmente dans le Pays de Rennes, ni l’arrivée d’étudiants en provenance de la France entière. L’attractivité, c’est aussi le tourisme, qui est un facteur important de rayonnement.

Et quand on parle de tourisme, de quoi parle-t-on en réalité ? Il y a le tourisme d’agrément, dans lequel la dimension loisirs est prépondérante. Et il y a aussi le tourisme d’affaires, qui lui concerne un secteur spécifique, comme on l’a vu tout à l’heure. Le tourisme d’affaire n’est pas seulement facteur de rayonnement, il est aussi créateur de richesses.

J’ai sous les yeux les chiffres de différentes études, qui illustrent son impact économique. En France, cela représente plus de 35 000 emplois directs, non délocalisables, pour un impact économique global de plus de 2 milliards d’euros. Un touriste d’affaires dépense en moyenne entre 170 et 339 euros par jour, sans compter les frais de transport. Sachez également que dans une région comme l’Ile-de-France, l’ensemble des activités du tourisme d’affaires représente plus de 58 000 équivalent temps plein (source : La Gazette Officielle du Tourisme, 3 juin 2009) et que dans une ville comme Lille, le bureau des congrès a généré 3 M€ de retombées directes et indirectes pour la seule année 2008 (même source).

Le tourisme d’affaires est donc un outil qui bénéficie à l’ensemble du tissu économique : équipements d’accueil, hôtellerie et restauration, taxis, commerces, ainsi que les musées et équipements sportifs et culturels. Au final,  tout cela participe à l’emploi et à l’amélioration de la situation de nos concitoyens ! Nous avons par exemple des synergies possibles à développer avec les pôles de compétitivité.

Nous avons, dans l’agglomération, toute une palette de lieux dédiés aux rencontres professionnelles ; mais leur dimension ne permet pas à une métropole comme la notre de se positionner correctement (et à son juste niveau) sur le marché des congrès. Or aujourd’hui, il y a une véritable concurrence entre territoires pour attirer les congrès. On ne comprend pas autrement l’augmentation du nombre de villes françaises qui souhaitent adhérer à une association nationale comme France Congrès qui existe pourtant depuis 1965 et qui depuis trois ou quatre ans voit le nombre des villes adhérentes en augmentation (Toulon la semaine dernière).

Les solutions

Partant de ce constat, deux solutions s’offrent à nous.

La première consiste à mettre en réseau les équipements existants (Triangle, Halle Martenot, Maison des Associations, Champs Libres, Le Ponant, Parc des expositions de Saint-Jacques, etc.) C’est tout le sens de la création en septembre prochain du Comité Métropolitain du Tourisme d’Affaires qui réunira à l’initiative de  Rennes Métropole l’ensemble des professionnels du secteur et qui sera chargé de réfléchir sur « la qualité destination Rennes ». Relevons au passage que Nantes s’engage également dans cette démarche.  

Quant à la deuxième solution, il s’agit  de créer un nouvel équipement, un centre de congrès. Mais en respectant trois conditions, qui permettront à notre Centre de Congrès de se positionner aux niveaux régional, national, européen et international.

Première condition : il faut que ce nouvel équipement soit situé dans le centre-ville de Rennes. Le marché des rencontres d’affaires est extrêmement concurrentiel, et regorge d’équipement localisés en périphérie, éloignés des cœurs d’agglomération.

Une localisation au cœur de la métropole règle les problématiques liées à l’accessibilité et à la construction d’infrastructures ad hoc. Certains imaginent une noria de véhicules, d’autocars et de poids-lourds, et en déduisent la nécessité d’un immense parking. C’est mal connaître les congressistes, qui préfèrent largement utiliser les transports en commun (TGV, métro, bus, parcs-relais), que les modes de transports individuels. C’est oublier que c’est toute la place Sainte-Anne qui devra être revue, et le plan de circulation modifié.

Deuxième condition : que le Centre de Congrès soit construit dans un site patrimonial existant. Oui, on aurait pu imaginer un bâtiment entièrement neuf, à l’architecture contemporaine (béton, verre et acier). Mais, comme nous l’a démontré le cabinet Second Axe, mais aussi les visites que nous avons effectuées dans d’autres villes, ce type d’équipement est déjà très répandu, ce qui pourrait rendre le positionnement de Rennes dans la filière du tourisme d’affaires particulièrement difficile. Quel serait l’intérêt de la filière pour un équipement semblable à ceux que l’on peut trouver à Nantes, à Tours, à Lyon, et dans bien d’autres villes encore ? Didier Ract-Madoux l’écrit de façon franche, et peut-être brutale, dans une de ses études : « le marché rejette ce type d’équipement« .

Troisième et dernière condition préalable : avoir une jauge maîtrisée, de 800 à 1 000 places. Selon des études sérieuses, et constantes, 88 % des rencontres professionnelles rassemblent moins de 800 personnes.

Le parti pris

Ces trois conditions expliquent la décision que nous allons prendre ce soir : le Centre de Congrès de Rennes Métropole aura une capacité d’accueil de 1 000 places, avec une vocation mixte prioritairement affaires puis culture, et sera situé au Couvent des Jacobins. Il sera également ouvert sur le quartier.

Je vais donc tenter de répondre aux critiques lancées par l’opposition, quand celles-ci ne relèvent pas de la mauvaise foi.

Oui, nous avons choisi une jauge de 1 000 places, ce qui présente un double avantage. D’une part, cela permet d’accueillir les concerts de l’Orchestre de Bretagne, et donc de lui offrir un lieu à la hauteur. D’autre part, ce dimensionnement correspond aux attentes du marché des congrès. Je rappelle une nouvelle fois que 88 % des événements congrès en France rassemblent moins de 800 personnes. Une jauge à 2 000, comme j’ai pu le lire dans la presse avant-hier, c’est refuser de tenir compte des réalités du marché. C’est aussi la garantie d’un équipement déficitaire, alors que tel qu’il est dimensionné dans le projet, il doit nous permettre d’atteindre le « petit équilibre » (dépenses d’exploitation = recettes d’exploitation) sur la partie affaires.

Ou alors, accepte-t-on de construire un équipement surdimensionné, qui sera pleinement utilisé pendant cinq à dix  jours dans l’année uniquement ? Que l’on ne vienne pas, après, nous donner des leçons de bonne gestion !!! Quel aveuglement de la part de celles et ceux qui continuent à réclamer – sans aucun fondement – mais uniquement sur une impression une jauge à 2000. Pourquoi pas 3000 ?

On nous a aussi parlé de la concurrence avec Saint-Malo. Là, aussi, deux choses.

La première, c’est que – comme l’explique le cabinet Ract-Madoux – « la complémentarité ou différence avec les villes et stations congrès de bord de mer est très identifiée : Saint Malo d’abord, puis La Baule, Deauville, La Rochelle, Biarritz et l’ensemble du littoral méditerranéen, sont un autre produit, choisi pour des raisons particulières. »

Deuxième chose. Le propre des congrès, c’est également qu’ils alternent d’une ville à l’autre, ce qui fait qu’il est inexact de dire que Rennes captera la clientèle malouine. Le Palais du Grand Large n’a donc rien à craindre du Centre de Congrès de Rennes, qui ne fera que renforcer le positionnement de l’axe Rennes-Saint-Malo.   

Soulignons tout l’intérêt que nous trouvons déjà avec une association comme Haute-Bretagne Evènements qui permet à Saint-Malo et Rennes et aux différents professionnels du département  de travailler ensemble au développement de la filière « affaires ». Pour l’année 2008, Haute-Bretagne Evénements a ainsi réceptionné 124 demandes, qui ont été diffusées auprès des 41 membres du club. Ces 124 demandes ont concerté au total près de 22 000 participants pour 182 jours de présence en Ille-et-Vilaine.

L’avenir – sur ce sujet – comme bien d’autres est à la coopération et à la recherche de synergies. Saint-Etienne et Roanne  (une heure de route entre ces deux villes) travaillent en complémentarité. Pourquoi pas Rennes et Saint-Malo ? 

Par rapport à l’implantation, là aussi, les arguments sont nombreux.

Certains imaginent d’autres sites, comme l’ancienne usine ST du Blosne. Je ne reviendrai pas sur l’idée émise par certains élus de transformer la prison des femmes en Centre de Congrès. Retenir cette solution c’est  en réalité ne pas vouloir à brève échéance d’un centre des congrès.  C’est enterré le projet !  Il faut  avoir l’honnêteté de le dire !

J’ai également entendu, notamment de la bouche de Caroline Ollivro, que c’était un projet renno-rennais, et que – comme le métro ne va pas au-delà de la rocade – il n’avait pas à avoir l’importance métropolitaine qu’on souhaite lui donner. Comment expliquer alors que le projet de Centre de Congrès figure dans le contrat de projets Etat-Région ?

Ce projet concerne l’ensemble de l’agglomération, il relève de Rennes Métropole – dont il est un outil de la politique en faveur du rayonnement et de l’emploi – et il intéresse l’Ille-et-Vilaine et la Bretagne, territoires sur lesquels il aura un impact notable

Je voudrais terminer mon intervention en évoquant les conséquences qu’aura le Centre de Congrès sur le parc hôtelier de l’agglomération. Conséquences en terme de retombées économiques (je vous rapporte aux chiffres que je citais tout à l’heure), mais aussi au niveau de l’offre hôtelière, qui sera nécessairement enrichie, particulièrement sur le haut de gamme (*** et ****). Des projets existent dans l’agglomération, et spécialement dans le centre-ville de Rennes : hôtel *** avenue Janvier, transformation du Palais Saint-Georges ou du Site Pasteur en hôtel **** concomitamment à l’ouverture du Centre de Congrès.

A cet égard, un Centre de Congrès joue un rôle de locomotive, et a un effet entraînant sur toute la filière hôtelière. Ce phénomène a été constaté partout ! Lorsque Marseille a décidé de se lancer – il a à peine quinze ans dans le tourisme d’affaires – il en a découlé une modernisation et une extension de son parc hôtelier.

Puisque nous parlons d’hôtellerie, je souhaiterais tordre le coup à une opinion souvent répétée mais finalement très nuisible à notre visibilité extérieure, selon laquelle nous ne disposerions pas d’une infrastructure hôtelière suffisante par rapport à ce que nous faisons aujourd’hui. Ce constat a sans doute été juste il y a quelques années, il ne l’est plus aujourd’hui. C’est plus de 450 chambres qui ont été autorisées entre 2001 et 2006, c’est encore plus de 300 à 350  chambres que nous souhaitons  rajouter d’ici à 2012 / 2013.  A ce jour, nous disposons sur le Pays de Rennes (c’est-à-dire très essentiellement sur Rennes et les communes périphériques) de plus de 4 000 chambres ; ce à quoi, nous devons rajouter les chambres proposées par les résidences hôtelières (quasi-absentes sur le Pays de Rennes en 2000) et qui sont aujourd’hui en forte hausse pour représenter plus de 500 à 700 chambres !

Oui, dans ce domaine nous avons été actifs avec les opérateurs privés, en suscitant ou en orientant les projets. Je ne sais pas si nous pourrons l’être autant demain puisque la Loi de Modernisation de l’Economie prive les élus de leur capacité d’action en matière d’hôtellerie, laissant au seul marché le soin de répondre aux besoins. Dans ce domaine comme dans d’autres, il ne faudrait pas que l’appétit des uns se développe au détriment des autres…

Je n’oublie pas non plus que ce secteur doit relever un défi de taille qui est celui de la mise aux normes de ses établissements !  

Cette incise faite, et en conclusion, ce projet de Centre de Congrès est un projet cohérent.

Ce projet fait sens politiquement, dans la mesure où il est le fruit d’une haute ambition pour transformer et faire grandir notre agglomération.

« Aucun possible n’est beau ; le réel seul est beau« . Ces mots du philosophe radical Alain illustrent – avec force – la décision que nous allons prendre ce soir : le rôle du politique est en effet de transformer le possible en réel.

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