Grève du 29 janvier : pour un véritable plan de développement

La Fédération d’Ille-et-Vilaine du Parti Radical de Gauche apporte son soutien à la grève nationale interprofessionnelle du jeudi 29 janvier.

La très forte mobilisation prévue doit inciter le chef de l’Etat à infléchir et compléter une politique qui n’est pas à la hauteur d’une crise économique et financière française et européenne.

Un véritable plan de développement économique, social et environnemental doit d’urgence être mis en place, dépassant la vieille querelle entre relance par l’offre et relance par la demande.

Le Parti Radical de Gauche propose de redynamiser les services publics nécessitant des investissements, de renforcer de façon plus rapide les équipements à caractère public (TGV, lignes locales), d’accélérer la mise en place de réseaux associatifs de services à la personne, de mettre en place un plan d’habitat social étendu aux personnes les plus fragilisées, de relever les minimas sociaux, ainsi que de décider d’une nouvelle répartition des résultats entre salariés et actionnaires.

Enfin, le PRG appelle à la tenue urgente d’une conférence réunissant l’Etat, les secteurs économiques (privé, d’économie sociale et publics), ainsi que les syndicats, pour déterminer les priorités d’un tel plan.

Inauguration du Pizza Del Arte

Mardi 20 janvier 2009, Honoré Puil a assisté à l’inauguration du restaurant Pizza Del Arte, situé au coeur du nouveau multiplexe Gaumont, esplanade Charles de Gaulle. L’occasion pour l’élu rennais de rappeler l’engagement de la Ville et de l’agglomération en matière d’urbanisme commercial.

Monsieur le Président-Directeur Général,
Monsieur et Madame Ghamri,
Mesdames, Messieurs,

L’ouverture, ce soir, du Pizza Del Arte, marque une étape importante dans la constitution de l’Esplanade Charles de Gaulle comme nouveau pôle de centralité à Rennes. Cette « place des cultures » a commencé à prendre sa pleine vocation avec l’ouverture, en 2006, des Champs Libres. Puis, en 2007, c’est le 4Bis, qui est sorti de terre, et qui a très vite rempli sa mission, en même temps que la Fête d’Hiver revenait en centre-ville, et que le parking souterrain était livré. En novembre dernier, c’était le multiplexe Gaumont qui accueillait – ici-même – ses premiers visiteurs…

Bientôt, ce sera autour du Liberté puis de la Cité Internationale des Chercheurs, sans oublier le nouveau kiosque à la sortie du métro, la liaison souterraine avec un centre commercial des 3 Soleils requalifié, ainsi que la Maison de la Consommation et de l’Environnement, toute proche, qui devrait faire l’objet d’un programme de rénovation.

L’Esplanade Charles de Gaulle offre un panorama complet de ce que peut être une politique d’aménagement ambitieuse à Rennes : offrir des espaces publics de qualité, rassembler des équipements culturels attractifs (les Champs Libres ont accueilli plus d’un million de visiteurs en 2008 !), et y associer une offre commerciale. Cela entre en cohérence avec notre Charte d’Urbanisme Commercial, qui entend conforter la position du centre-ville de Rennes comme plus important pôle commercial de la région.

Monsieur le Maire le rappelait hier, lors de la cérémonie des vœux du Carré Rennais : notre centre-ville, c’est 1 600 commerces, et un chiffre d’affaire de l’ordre de 430 millions d’euros. Il rappelait également que la prépondérance du centre-ville constituait une spécificité rennaise par rapport à ce qui peut être observé ailleurs, où  ce sont quelques grands sites commerciaux de périphérie qui jouent ce rôle structurant. Je dis cela parce que Jérôme Seydoux, le PDG d’Europalace, soulignait  le jour de l’inauguration du Gaumont, la chance que son entreprise a eu de construire un multiplexe de cinéma en plein-centre ville, dans un endroit comme celui-là, imaginé par l’architecte Christian de Portzamparc.

Aussi, permettez-moi de vous souhaiter, Monsieur le Président-Directeur Général, Monsieur et Madame Ghamri, la bienvenue dans cet équipement majeur et central de notre ville.

Pizza Del Arte, ce n’est pas seulement un petit bout de Toscane dans notre centre-ville. C’est aussi et surtout l’exemple d’un groupe breton qui a réussi, et dont l’origine se trouve à Brest, en 1976. Je pourrais donner ce soir des dizaines de chiffres : 740 millions de chiffre d’affaires en 2008 pour plus de 720 enseignes et restaurants de 5 marques différentes, 80 ouvertures par an, près de 10 000 collaborateurs, ou encore 510 000 clients servis par jour…

Mais au-delà des chiffres, ce qui fait la richesse du Groupe Le Duff, c’est le capital humain, le sens donné au mot « valeurs » (qui n’est pas que financier), de même que l’implication et le sens de la responsabilité sur notre territoire.

Le capital humain : il y a quelques jours, lors d’un entretien avec Yves Sassi, de l’Observatoire de la Franchise, vous disiez, Monsieur le Président, « L’argent n’a jamais été pour, ni pour moi, ni pour mon équipe, un moteur. L’argent n’est que le carburant« . Le moteur, en effet, est ailleurs, et c’est volontiers que vous citez cette phrase d’Henry Ford : « Prenez mes usines, mon argent, mais laissez-moi mes hommes et je rebâtirai mon empire… »

Cette préoccupation, vous l’illustrez par votre effort en matière de formation (3% de votre masse salariale), mais surtout à travers votre activité de franchise, qui est – comme vous l’écriviez dans votre livre en 2006 – un formidable accélérateur de réussite : un jeune entrepreneur franchisé réussit quatre fois mieux qu’un indépendant solitaire. Ainsi, au sein du Groupe Le Duff, la réussite de chacun conduit à la réussite de tous ! Votre parcours, Monsieur et Madame Ghamri, en témoigne.

Au-delà, vous accordez une attention particulière aux enjeux de santé publique, en menant une réflexion et des actions sur la nutrition-santé.

L’enseigne Brioche Dorée s’est engagée, à travers une Charte Nutrition, à garantir une alimentation équilibrée, saine, et variée, notamment en baissant le taux de sel dans ses produits. Elle fait également la promotion des fruits et des légumes, de saison. Plus récemment, votre filiale Bridor a introduit sur le marché une nouvelle baguette aux fibres solubles, qui s’inscrit dans la démarche du Plan National Nutrition-Santé.

Si j’évoque ce thème, c’est parce que la Ville de Rennes a accentué sa présence sur le terrain de la nutrition-santé depuis le début du mandat, avec la nomination d’un conseiller municipal spécialement en charge de ces questions-là. Le soutien des entreprises, et en premier lieu d’une entreprise leader comme la votre, est capital pour que les actions menées à l’échelon municipal trouvent leur écho sur les plateaux repas et dans les assiettes des Rennais. Et je sais, comme vous, qu’il est important aussi de ne pas dissocier l’alimentation du plaisir.

Elles sont là, les valeurs dont je parlais tout à l’heure, et non pas dans la corbeille de la Bourse !

Nous sommes encore en janvier, la période des vœux n’est pas achevée. C’est pourquoi, Monsieur et Madame Ghamri, je formule le souhait que 2009 soit pour vous l’année de toutes les réussites. Je fais le pari que les Rennais auront plaisir à se restaurer chez vous, et que vous saurez les servir avec passion !

Orientations budgétaires : en 2009, investir et optimiser

Intervention d’Honoré Puil lors du débat d’orientations budgétaires (Conseil municipal du 12 janvier 2009) 

Honoré Puil
Honoré Puil

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Alors que nous débattons, ce soir, des orientations budgétaires pour l’année 2009, nos concitoyens, et spécialement à Rennes, attendent de nous que nous effectuions, dans le climat économique et social actuel, des choix politiques justes et responsables. Les Rennaises et les Rennais se posent, nous posent des questions. Va-t-on augmenter la fiscalité ? Va-t-on renoncer à certains investissements ? Les subventions vont-elles baisser ? La dette va-t-elle se creuser ? Ces questions sont légitimes, et c’est l’objet d’un débat comme celui-ci d’y répondre, au moins en partie, et de poser quelques jalons.

L’exercice budgétaire 2009 sera, comme l’a expliqué notre collègue François André, exceptionnel à plus d’un titre. Notre budget sera en effet victime de plusieurs tendances : acharnement de l’Etat contre les collectivités locales avec la baisse des dotations et les transferts de compétences non financés (de l’ordre de 6,4 M€), sans oublier les incertitudes sur différentes grosses dépenses de fonctionnement en raison du caractère erratique de certains marchés (énergie et matières premières).

S’agissant d’ailleurs des transferts de compétences et de charges, il avait été prévu, lors de la réforme constitutionnelle de 2003 (article 72-2), qu’ils soient compensés « à l’euro l’euro« . Telle était l’expression du ministre du budget de l’époque, Jean-François Copé. Or, on voit bien que l’Etat n’est même pas disposé à respecter la Constitution de notre République !

Aussi, ne serait-il pas judicieux d’utiliser l’exception d’inconstitutionnalité, inscrite dans notre loi fondamentale depuis l’été dernier (grâce aux voix des parlementaires Radicaux de Gauche), pour engager une procédure contre l´Etat sur les bases de l´article 72-2 de la Constitution ?

La crise, qui a commencé par celle des subprimes aux Etats-Unis, a également une conséquence immédiate sur la Ville de Rennes, à travers la baisse des recettes des droits de mutations.

Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Ils montrent que le local et le global sont naturellement liés. Ils montrent également que le Monde a besoin de davantage de régulation, de multilatéralisme, et de coopération, et que le système financier mondial doit être transformé en profondeur. L’Europe doit y prendre toute sa part, et y a pour l’instant pris toute sa part, grâce aux initiatives, notamment, du président de la République.

Mais en matière de régulation, les initiatives personnelles ne peuvent remplacer et se substituer à la solidité des institutions. Mesurons bien notre chance de faire partie de la zone euro, et reconnaissons à la monnaie européenne des vertus stabilisatrices et protectrices.

Dans ces conditions, s’il est vrai que l’attitude de l’Etat contraint les collectivités locales à assumer l’impopularité de certaines mesures, les Rennais attendent de nous – je le disais – que nous fassions des choix, et que nous les assumions.

Commençons par nos dépenses.

Les élus Radicaux de Gauche souhaitent maintenir, à la Ville comme à l’agglomération, un fort niveau d’investissement, car c’est en investissant que l’on amortit le choc de la crise, et cela est particulièrement vrai dans le Bassin rennais. Pôle d’échange multimodal Euro Rennes, PLH, Cité internationale des chercheurs, Centre de Congrès, opération d’amélioration de l’habitat en centre-ville, deuxième ligne de métro : ces grands projets ne sauraient être reportés, voire abandonnés, sous peine de voir la situation économique et sociale s’aggraver dans notre région.

Nous trouvons donc choquant que des élus rennais prônent, en toute irresponsabilité, la politique de la terre gelée : rien ne va plus, tous aux abris, mettons Rennes en cale sèche pendant de longues année ! C’est le triste programme de l’opposition, ou du moins d’une partie d’entre elle…

En parallèle, il nous faut rechercher toutes les économies possibles, tant qu’elles ne portent pas atteinte au service public communal, et à ses usagers. Chacun doit prendre part aux efforts qui visent à s’adapter au nouveau contexte budgétaire et à revisiter l’ensemble des politiques municipales. Quelques principes doivent nous guider : mutualisation (notamment entre la Ville et l’agglomération), évaluation (avec un examen attentif de nos politiques par le biais d’audits), optimisation (grâce à une politique d’achat et de gestion immobilière). Un euro dépensé doit être un euro utile.

La Ville a pratiqué, dans certains secteurs, la politique de la subvention exceptionnelle. Aussi, nous ne verrions aucun inconvénient à ce que les subventions exceptionnelles soient attribuées à titre… exceptionnel. De même, les subventions à l’enseignement privé devraient être réduites au minimum obligatoire.

En même temps, nous pouvons nous interroger sur l’opportunité de vendre des biens immobiliers faisant partie du patrimoine communal. En plus de constituer une rentrée d’argent, cela permettra de diminuer nos dépenses de fonctionnement.

Pour ce qui est de nos recettes, maintenant, la position de notre groupe est claire : compte-tenu de la situation financière de la Ville, qui est plutôt bonne, et de la baisse des taux (qui atteignent des niveaux historiquement faibles), il pourrait être judicieux de recourir davantage à l’emprunt, à taux fixe. L’objectif doit être d’éviter toute hausse de la fiscalité, ou en tout cas de faire en sorte qu’elle soit la plus limitée possible. Quoi qu’il en soit, nous demandons que cette option soit analysée au plus près.

Les incertitudes qui se présentent à nous sont nombreuses : elles pèsent sur les marchés financiers, sur les recettes des collectivités (tant au niveau des dotations que de la fiscalité), sur les dépenses (notamment liées aux transferts de compétences). Incertitudes, également, sur le devenir des collectivités locales : le président de la République et ses admirateurs veulent supprimer un échelon territorial, cela aura forcément des répercussions sur les communes.

Compte-tenu des nombreuses incertitudes qui se présentent à nous, notre réponse doit donc être énergique.

Action contra-cyclique, maintien de l’investissement, mutualisation, évaluation, optimisation, recours judicieux à l’emprunt : la Ville de Rennes a les moyens de traverser cette période agitée et de préserver l’avenir des Rennais, tout en ne grevant pas leur pouvoir d’achat.