Périmètre de sauvegarde du Centre ancien : soyons attentifs aux enjeux économiques

La procédure de révision du périmètre de sauvegarde et de mise en valeur du Centre ancien de Rennes était évoquée lors du Conseil municipal du 21 janvier. Honoré Puil est intervenu à cette occasion, afin que les enjeux économiques y aient toute leur place.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Les délibérations qui nous sont présentées ce soir et relatives au secteur sauvegardé de la ville sont importantes car elles dessinent ce que sera demain et après-demain le cœur historique de la ville.

Créés par la loi Malraux du 4 août 1962, les secteurs sauvegardés étaient destinés au départ à prévenir la destruction massive des centres anciens à l’occasion d’opérations de rénovations parfois expéditives.

A Rennes, comme cela a été rappelé, notre premier PSMV a été approuvé en 1985. Il n’est donc pas tout à fait anormal d’y revenir aujourd’hui notamment pour tenir compte des difficultés connues de tous : dégradation de certains bâtis, inadaptation de certains immeubles aux modes de vie actuels, volonté aussi de mettre fin sans doute quelquefois à certains usages non autorisés pouvant générés notamment des problèmes de sécurité pour les personnes et les biens.

Ce projet de PSMV – qui sera soumis à enquête publique – a fait l’objet d’une longue concertation, d’expositions, de conférences diverses et variées. Des propositions sont faites. Elles ont été approuvées à l’unanimité des membres présents ou représentés lors de la dernière réunion de la commission locale du secteur sauvegardé.

Et pourtant…

La proposition qui est faite ne me semble pas refléter tout à fait ce qu’est la totalement la vie dans un secteur sauvegardé. Patrimoine, tourisme urbain, sécurité et accessibilité des services de secours, qualité d’usages des logements, restauration des immeubles, besoin de mobilité, vision résidentielle des îlots, équipement de proximité… Voilà des termes qui apparaissent (d’ailleurs souvent sans aucune hiérarchisation) et je les partage.

En revanche, il y a des mots qui n’apparaissent pas dans la note de synthèse pas plus qu’ils n’apparaissent dans la longue liste des expositions ou conférences qui ont eu lieu : économie, emploi, commerce, artisanat où alors de façon très subliminale lorsque l’on mentionne la diversité des fonctions urbaines. Il faut tout de même aller au 4ème cahier pour enfin lire quelque chose sur la situation de l’économie dans le secteur sauvegardé !

Il me semble que ce projet de délibération aurait gagné en clarté, en cohérence, en ambition en précisant très clairement en page 19 du rapport de présentation que le patrimoine n’est pas l’ennemi du développement économique.

Cette affirmation de la nécessité de mieux conjuguer protection du patrimoine et développement économique aurait permis de donner une image plus dynamique de ce document alors que la rédaction proposée en donne, à mon sens, mais je l’espère à tort une image plus conservatrice. Notre ambition n’est clairement pas de faire du secteur sauvegardé une ville musée.

Ce qui m’amène à poser une question sur le point de savoir comment s’articule ce document avec les travaux du SCOT en matière d’urbanisme commercial lequel préconise de continuer à favoriser le rayonnement commercial du centre-ville de Rennes ? Car le PSMV peut avoir comme conséquence d’augmenter les contraintes techniques et donc financières sur les entreprises implantées dans ce périmètre !

Dans le même temps, nous savons que les nouveaux concepts commerciaux qui font l’attractivité d’une ville nécessitent souvent plus de surfaces. Il ne faudrait donc pas que des dispositions techniques trop strictes viennent obérer le développement économique de ces entreprises faute de quoi notre centre-ville nord perdrait en intérêt. Faut-il, par exemple, aller jusqu’à protéger partout et toujours les cours et arrières cours de certains immeubles ? La question peut aussi valoir pour certaines dispositions relatives à l’équipement intérieur des commerces qui pourraient compliquer très sérieusement toute activité. Enfin, la question de la prise en charge des travaux se pose également. Bailleur ? Commerçant ou artisan ? Des dispositifs de soutien éventuels ?

Il faut donc que le temps de l’enquête publique soit mis à profit pour répondre à toutes ces questions et mieux prendre en compte la dynamique de ce secteur de notre ville.

TVA dans la restauration : Sylvia Pinel répond à Honoré Puil

Interpellée très directement mercredi dernier par Honoré Puil, vice-président de Rennes Métropole, Sylvia Pinel, ministre de l’artisanat, du commerce et du tourisme, lui a immédiatement apporté des précisions sur l’évolution du taux de la TVA dans la restauration.

Dans le cadre du pacte de compétitivité le Premier Ministre a annoncé que la TVA dans la restauration, aujourd’hui à 7 %, passera en janvier 2014 à 10 %.

Par ailleurs ce secteur bénéficiera pleinement du pacte de compétitivité et du contrat de génération. Elles seront très concernées par le crédit d’impôt compte tenu des salaires pratiqués dans cette profession.

Sylvia Pinel ajoute qu’elle s’est impliquée dans ce travail gouvernemental afin que les TPE et leurs difficultés soient prises en considération, et celles des restaurateurs en particulier.

La ministre de l’artisanat, du commerce et du tourisme travaille avec les restaurateurs pour étudier la mise en œuvre des dispositions et notamment sur les questions d’apprentissage, d’emplois, de qualité des produits et de transformation, ainsi que sur la promotion du titre de maître-restaurateur.

Métiers d’art : la Région doit agir !

Les Arts du Feu
Les Arts du Feu (photo : OTRM)

Au moment où se déroule à Rennes l’admirable exposition des « Arts du feu » en partenariat avec la Ville de Rennes mettant en avant les métiers d’art, les élus Radicaux de Gauche appellent le conseil régional de Bretagne et son président à donner un coup de fouet au soutien et à  la promotion des métiers d’art en Bretagne.

Il s’agit non seulement de conserver un patrimoine mais d’en faire un atout de développement culturel et touristique pour l’ensemble des territoires de la région. Trop timide jusqu’à présent sur ce dossier, la région doit réagir fortement.