Grande braderie et concert : un succès populaire

Communiqué d’Honoré Puil – Les évènements de la Grande Braderie de Rennes et du concert du 29 juin constituent un indéniable succès festif et populaire. Entre la braderie et le concert, c’est près d’un demi-million de personnes qui ont fréquenté le centre-ville de Rennes mercredi dernier.

Le concert en rassemblant, à lui tout seul, près de 50 000 personnes – soit l’équivalent de la population de Laval sur l’esplanade Charles de Gaulle – est devenu pour la deuxième année consécutive un évènement majeur dans l’attractivité de la ville de Rennes.

La braderie et le concert s’inscrivent pleinement dans nos orientations politiques à destination du commerce, lesquelles précisent « qu’il s’agit de donner au centre-ville une identité commerciale en s’appuyant sur les grands évènements qui rythment la vie du commerce rennais ».

Le succès de ces deux manifestations se retrouve dans les statistiques de fréquentation des transports en commun et des parkings de la ville. C’est ainsi que le métro a transporté à lui seul 177 000 personnes, faisant du jour de la braderie celui dans l’année où la fréquentation du réseau est la plus importante !

Rachat du 1929 : le point

Nous avons pris connaissance des réactions suite au vote de la délibération par le Conseil municipal du 9 novembre, actant le rachat, par la Ville, de deux bars rue Saint-Michel. Loin de vouloir polémiquer, nous voulons ici répliquer à ceux qui font à la municipalité des procès d’intention.

Le rachat du 1929 et de la Station n’ont pas été effectués dans l’optique de « nuire à l’identité rennaise », et n’est – en tout état de cause – pas le fruit d’une « politique frigide » visant à « transformer la ville en galerie marchande ». Cette opération entre en premier lieu dans le cadre de la politique que mène la Ville de Rennes en faveur de la réhabilitation du Centre-ancien.

Aucun responsable politique de gauche ne peut tolérer de laisser le Centre ancien dans un état pareil. La situation actuelle ne fait que conforter la position de rentiers qui profitent d’immeubles dégradés pour loger des jeunes rennais dans des conditions indécentes.

Après l’incendie de la rue d’Orléans en septembre 2007, il a souvent été dit « que fait la Ville pour sécuriser les immeubles du centre-ville ? » Ne rien faire, c’est être complice du libéralisme le plus sauvage et le plus cynique.

L’objectif de la politique « Centre ancien » de la Ville est de résorber l’habitat insalubre et vétuste, en traitant des îlots prioritaires, ce qui implique notamment une maîtrise foncière. L’achat du 1929 entre d’abord et en premier lieu dans ce cadre.

Se pose ensuite le problème de l’impasse des Barrières. C’est une voie privée, dans laquelle la Ville ne peut intervenir à aucun moment. Éclairage, nettoyage, réfection du pavage : rien ne peut être entrepris par les services municipaux, alors que la demande est forte. Doit-on accepter cela ? Si l’on écoute certains, il faudrait rester les bras croisés en contemplant l’état lamentable dans lequel se trouve cet endroit.

Autre chose : préemption n’est pas expropriation. Certains s’imaginent que la Ville a décidé d’expulser l’actuel exploitant. C’est oublier que ce dernier a mis en vente à la fois les murs et le fond de commerce. Il souhaitait donc s’en défaire, et un autre repreneur aurait certainement fait autre chose du 1929 que ce qu’il est actuellement.

D’une manière générale, et concernant a question des bars rue Saint-Michel, nous refusons une politique du zoning, où les quartiers, les rues, seraient réservées à un seul type d’activités et de populations (zones commerciales, quartiers « chics », ou quartiers « difficiles », etc.), et lui préférons la diversité et la mixité des fonctions et des populations. Le centre-ville, et cela est également vrai pour la rue Saint-Michel, doit accueillir tous les types de commerces, tous les types de populations. C’est ainsi que l’on construit le « vivre ensemble » qui fait de Rennes une ville à vivre, une ville pour tous.

On pose souvent, et à juste titre, la question des commerces de proximité progressivement remplacés par les banques et les agences immobilières. Mais personne ne s’émeut de l’hyper-spécialisation de la rue Saint-Michel. Le problème est pourtant le même. Là aussi, notre volonté d’intervenir est ancienne : achat de la Crêperie des Templiers pour y maintenir une activité « restauration traditionnelle », achat des murs de Videorama pour y implanter une activité tertiaire… Cela a abouti au fait qu’il y a actuellement 12 bars dans la rue, contre 10 autres commerces et activités.

Par ailleurs, l’objectif de la municipalité est d’élargir le centre-ville. L’esplanade Charles de Gaulle, une fois achevée, sera un nouveau lieu de centralité. Idem pour le Mail (à l’ouest) et l’ancienne Brasserie Kronenbourg (à l’est), une fois les nouveaux aménagements réalisés.

Enfin, pour ce qui est de l’offre en matière de cafés-concerts, nous savons tous que la loi impose des conditions draconiennes aux exploitants de cafés-concerts, notamment au niveau des normes anti-bruit, pour des questions de respect de l’environnement. La mise en œuvre de ces normes est souvent incompatible avec le bâti du Centre-ancien. La Ville de Rennes travaille donc à une diversification de l’offre. Nous avons soutenu l’ouverture d’une discothèque boulevard de la Liberté. La Ville de Rennes apporte un soutien constant à de nombreux établissements : l’Ubu, l’Antipode, le Mondo Bizarro, le Jardin Moderne, etc. Même chose pour les événements et festivals structurants de la vie rennaise : Bars en Trans, Transmusicales… Preuve que nous n’avons pas une vision puritaine ou malthusienne de la ville, la nuit.

Rennes est une ville qui vit. Un bar ferme. C’est la vie. D’autres lieux ont fermé et fermeront, pendant que d’autres ouvriront et « remplaceront » le 1929 dans le cœur des Rennais. C’est cela, une ville qui évolue !

Honoré Puil, Maryline Daunis et Pierre Christen

Conseillers municipaux PRG

Ouest-France : « La folle augmentation des loyers commerciaux »

Article paru dans Ouest-France le vendredi 17 avril 2009 (édition de Rennes)

Jusqu’à 10 % d’augmentation de loyer pour certains commerces du centre en période de crise, ça fait mal. La faute à l’indice de construction ? Pas seulement.

 Comme pour les logements des particuliers, les loyers des locaux commerciaux sont régulièrement augmentés. Le plus souvent, cela se produit lors d’un changement de locataire ou à la date anniversaire du bail, en fonction de l’indice des coûts à la construction (ICC). Le problème est que cet indice, sous l’effet de l’augmentation de différentes matières premières, a connu des envolées affolantes. Ces derniers mois, il est monté jusqu’à 10 %. Un coup rude pour bon nombre de commerçants rennais. Surtout à un moment où, crise aidant, certains chiffres d’affaires sont patraques.

 « Des augmentations de 8 ou 10 % peuvent être vécues comme une agression, confirme Christian Thomas, responsable de la partie commerciale du Groupe Giboire. Surtout en pleine crise, à l’heure il y a de nombreuses réductions d’activités, par exemple dans le centre. » Un autre indice existe pourtant. C’est l’indice des loyers commerciaux (ILC). Inventé dans le cadre de la loi de modernisation économique de 2008, il a l’avantage de tenir compte, en plus du coût à la construction, de l’inflation et du chiffre d’affaires des commerces. Mais il a un défaut : il n’est pas obligatoire et certains propriétaires sont restés accrochés à leur bonne vieille habitude d’augmentations liées à l’indice de construction. Honoré Puil, l’élu responsable du commerce à la Ville et à la Métropole, est monté au créneau. Il a notamment écrit à la ministre de l’Économie pour lui demander de « généraliser très vite l’ILC. » Une nécessité d’autant plus grande, plaide-t-il, « que la crise économique frappe durement le Pays de Rennes. » Il affirme d’ailleurs que « dans une grande surface alimentaire de Rennes, l’augmentation du loyer a entraîné la suppression de dix équivalents temps pleins. »

 L’élu radical de gauche n’est pas seul à s’être ému de ces augmentations. « Les grands bailleurs, reprend Christian Thomas, ont compris que les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel. Il faut préserver l’activité commerciale. Nous-mêmes, en tant que gérant de baux commerciaux, nous avons conseillé aux propriétaires d’être raisonnables. » C’est ce qui s’est passé à Colombia. « Nous avons proposé aux commerçants qui le souhaitaient de passer à l’ILC, explique Christophe Gaultier, directeur du centre commercial. Nous travaillons au jour le jour avec nos commerçants, poursuit-il. Nous connaissons le rapport entre leurs chiffres d’affaires et leurs charges, il faut être raisonnable. Ce n’est pas dans l’intérêt d’un propriétaire d’avoir des impayés. Mieux vaut la solidité des commerces. »

 Gilles KERDREUX