Nouveaux rythmes : le confort des enfants avant tout

Quatre jours et demi. Ce sera, à la rentrée de septembre 2013, le temps que durera une semaine pour un écolier rennais. La mise en place des nouveaux rythmes était à l’ordre du jour de la séance du Conseil municipal de Rennes du 15 avril 2013. Pierre Christen, conseiller municipal PRG délégué au sport et à la nutrition-santé, est intervenu afin de rappeler que l’essentiel devait être le confort des enfants, et non celui des adultes.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

La délibération dont nous sommes saisis ce soir est une des briques contribuant à bâtir cette école refondée que nous souhaitons majoritairement sur les bancs de cette assemblée.

La refondation de l’école, ce n’est pas un de ces éléments de langage qui aiment à ponctuer l’espace public. C’est au contraire un impératif, à la fois par rapport au caractère inégalitaire du système éducatif actuel, et également au regard de l’avenir que nous voulons proposer à la génération qui vient.

L’école ne se refondra pas en un jour, ni en une réforme. Mais la mise en place des nouveaux rythmes en est un des préalables. Rennes, ville éducatrice, a décidé de s’y engager dès la rentrée 2013. Nous saluons cette volonté, car elle est avant tout guidée par l’intérêt des enfants.

Les études scientifiques montrent que les rythmes actuels provoquent fatigue, surmenage et – au final – des difficultés chez les enfants. Les spécialistes s’accordent pour dire qu’il faut rétablir la semaine de quatre jours et demi abrogée brutalement par le gouvernement de droite en 2008. C’est, de notre point de vue, le seul argument qui vaut, si nous voulons faire de l’école de la République l’école de toutes les réussites.

Enfin, je voudrais souligner eu égard à ma délégation, que la mise en place des nouveaux rythmes pédagogiques sera l’occasion, à Rennes, d’élargir la pause méridienne afin de proposer de meilleures conditions pour la restauration, en particulier pour les enfants des maternelles soumis à deux services. L’élargissement des plages horaires consacrées aux activités périscolaires est une opportunité pour développer la continuité pédagogique, en renforçant les liens entre les partenaires éducatifs. Je pense notamment à la possibilité ainsi offerte de favoriser la pratique d’une activité physique et, dans le cadre du Projet Éducatif Local, de sensibiliser les enfants aux enjeux de la nutrition-santé.

Précisément, il s’agit aussi grâce à cette réforme d’améliorer le bien-être des enfants.

Pierre Christen

Budget 2013 : « Penser autrui, penser demain »

Le Conseil municipal de Rennes examinait, lundi 18 février, le budget 2013 de la ville. Lors de son intervention, Honoré Puil est revenu, au nom des Radicaux de Gauche, sur ces petites sommes qui témoignent du sens donné à l’action municipale.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Je souhaite tout d’abord remercier notre collègue Gaëlle Andro, pour sa présentation, ainsi que l’ensemble des services de la Ville, et particulièrement ceux de Madame Goutany, qui ont travaillé afin de préparer les documents que nous examinons aujourd’hui.

Voter un budget est un acte politique important pour une assemblée. C’est le moment d’évoquer l’ensemble des politiques publiques menées par la collectivité, de nous rappeler également le contrat conclu avec la population au moment des élections municipales de 2008.

Je ne reviendrai pas sur les ratios que nous a détaillés la Première adjointe, et qui démontrent au besoin que notre ville est en bonne santé financière, malgré les aléas de la crise qui ont eu, à Rennes comme ailleurs, des conséquences importantes.

Je rappellerai tout de même que nous allons, ce soir, reconduire des taux d’imposition identiques pour les trois taxes communales, et que le produit de ces trois taxes sera, cette année, supérieur aux années passées : preuve du dynamisme et de l’attractivité de notre ville !

Un budget, ce sont donc des grandes sommes, mais aussi des plus petites sommes qui sont, chacune, des symboles de ce que nous imaginons pour Rennes.

Je citerai un certain nombre d’exemples, en fonctionnement ou en investissement, de ce à quoi se consacrera le budget 2013 de la Ville de Rennes.

Près de 9 M€ sont ainsi destinés à l’enseignement public, qui s’ajoutent aux plus de 10,3 M€ pour les restaurants d’enfants et 1,2 M€ pour les activités périscolaires. Ces actions viendront préparer la mise en place des nouveaux rythmes éducatifs à la rentrée prochaine et la Ville de Rennes, par son budget volontariste, agit en l’occurrence dans l’intérêt des enfants.

Le ministre Vincent Peillon avait totalement raison lorsqu’il expliquait qu’effectivement, la réforme coûtait de l’argent aux communes ; mais que les communes avaient le choix entre construire des ronds-points et investir dans l’éducation. Dans le même temps, beaucoup, par corporatisme, essayent de noyer cette réforme des rythmes éducatifs dans des considérations techniques, alors même que le passage à quatre jours et demi relève – rappelons-le – de l’intérêt supérieur de la nation en tant qu’outil de lutte contre les inégalités.

Nous renouvelons toutefois nos remarques des années précédentes concernant le soutien apporté par la ville à l’enseignement privé, auquel 2,7 M€ vont être versés cette année, sans oublier la traditionnelle subvention de 285 000 euros aux Fourneaux Économiques, montant en augmentation de plus de 5 %. Fiers de défendre l’école publique, laïque gratuite et obligatoire, les Radicaux de Gauche réaffirment que la collectivité n’a pas à financer la volonté de certaines familles de s’extraire du service public. Les digressions épiscopales sur le refus de l’égalité, à l’occasion du débat sur le mariage pour tous – porté par notre amie Christiane Taubira – doivent en outre nous inciter à la prudence.

Laïques, nous sommes également perplexes quant au niveau de soutien apporté par la Ville de Rennes au Centre Culturel Musulman Avicenne : 76 125 euros. Est-ce ainsi que nous voulons faire société ? Est-ce de cette manière que l’on fait la promotion du vivre ensemble ? À l’heure où la crise provoque, dans notre société, des replis communautaristes, nous nous interrogeons sur la pertinence de ce soutien. Tout comme nous nous interrogeons sur les financements alloués aux associations dites interculturelles et qui dans les faits exercent des activités cultuelles, en contradiction avec la loi de 1905.

Notre groupe avait fait part, l’an dernier, de sa préoccupation quant à l’avenir que notre génération au pouvoir réservait à la jeunesse. Cette préoccupation n’a pas disparu, et nous constatons que ce projet de budget en tient compte. A travers le budget de fonctionnement, et les dépenses du chapitre 012, la Ville de Rennes va ainsi s’engager avec volontarisme dans le dispositif des emplois d’avenir, qui va concerne une vingtaine de jeunes en 2013. Au delà, il nous faut aussi évoquer le soutien à l’action socio-culturelle et les 1,2 M€ de subventions versées aux acteurs de la politique jeunesse à Rennes, comme le CRIJ, le Cercle Paul-Bert ou même l’AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville) qui créé dans les quartiers le lien entre les campus et la population.

Le développement de la citoyenneté doit être une préoccupation constante de notre assemblée. Nous l’avions dit en 2008, lors de la première séance du mandat. Le soutien au secteur associatif est donc essentiel, non seulement pour accompagner les politiques publiques, mais également pour les anticiper, les imaginer, les transformer.

Dans un contexte budgétaire difficile, nous notons donc avec satisfaction que les subventions aux associations restent stables, ce qui permet au secteur associatif d’avoir une plus grande visibilité pour mener ses actions. Des redéploiements permettent même un soutien renforcé à certaines d’entre elles, qui structurent notre tissu associatif. Le budget 2013 prévoit, à cet égard, de consacrer près de 800 000 euros au soutien à l’emploi associatif, en même temps que se profilent, au printemps prochain, les rencontres de la vie associative.

Mais la citoyenneté, ce n’est pas seulement l’apprentissage et la pratique des responsabilités. C’est aussi la lutte contre les discriminations et nous constatons que dans ce budget, il est prévu que le Centre Gay, Lesbien, Bi et Trans de Rennes puisse bénéficier cette année d’une subvention de 7 000 euros, soit sept fois plus que les années précédentes. C’est bien le minimum, quand on voit ce que fait cette association au quotidien dans le domaine des luttes contre les discriminations et l’homophobie, et quand on voit ce qui reste encore à faire.

Vivre ensemble, c’est aussi construire l’avenir ensemble. Ce budget en est une démonstration supplémentaire, avec 180 M€ d’investissements prévus, et un objectif de mandatement de 72 M€. On y voit notamment la construction des pôles éducatifs Courrouze et de Beauregard-Quincé, la construction et la réfection de crèches, le soutien au logement social ou encore les aménagements de voirie.

En complément des politiques menées par Rennes Métropole, cela atteste d’un fort engagement de la Ville de Rennes dans la vie économique du territoire.

Ainsi que je le disais tout à l’heure, un budget est un ensemble de petites sommes qui témoignent du sens donné à notre action.

La Garde des Sceaux Christiane Taubira, concluant le débat sur l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe, avait cité le philosophe Emmanuel Levinas, pour lequel « penser autrui relève de l’irréductible inquiétude pour l’autre« .

Penser autrui, penser demain : c’est bien ce à quoi nous invite ce budget 2013, que nous voterons avec enthousiasme.

Honoré Puil

Financement de l’enseignement privé : stop à l’inflation !

Le Conseil municipal de Rennes examinait, lors de sa séance du 9 juillet 2012, le renouvellement de la convention entre la ville et l’enseignement privé catholique. Les élus Radicaux de Gauche, hostiles par principe au financement de l’enseignement privé, se sont abstenus. Explication de vote par Honoré Puil, président du groupe.

Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,

Le 15 mai dernier, François Hollande effectuait son premier acte de président en rendant hommage à Jules Ferry. Ses premiers mots, en tant que président de la République, avaient pour objectif de rappeler le caractère fondamental, pour notre société, de deux lois : la loi du 16 juin 1881 relative à la gratuité de l’enseignement primaire et celle du 28 mars 1882 relative au caractère laïque et obligatoire de l’école.

Pour le chef de l’Etat, l’école est l’esprit de la République. Son caractère laïque en fait le lieu où s’acquiert la liberté de conscience. C’est un outil d’émancipation, qui “a pour vocation de préparer toutes les jeunes consciences, tous les enfants de la Nation”. Comme l’écrivait d’ailleurs Jules Ferry dans sa célèbre Lettre aux instituteurs (circulaire du 17 novembre 1883), “ le législateur (…) a eu pour premier objet (…) de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances, qui sont communes et indispensables à tous”.

Alors oui, l’école publique est un des fondements de la République. Dégagée de toute influence dogmatique, privilégiant les Lumières à l’obscurantisme, et contribuant à former des citoyens éclairés, elle est une des conditions de l’existence de la démocratie.

Fort de ces principes, de ces valeurs, que les radicaux ont portés depuis leur origine, le nouveau gouvernement a engagé un vaste chantier de refondation de l’école.

Ce chantier, lancé par le ministre Vincent Peillon jeudi dernier, donnera toute sa place aux mouvements complémentaires de l’école publique. Nous avons, par le passé, évoqué ici même et à ce titre l’action de la Ligue de l’Enseignement, que la Ville de Rennes soutient de différentes manières. La Ligue de l’Enseignement, donc, a adopté il y a deux ans un manifeste, qui s’intitule “Faire société”. Ce document, que je vous invite tous à lire, constitue une source d’inspiration pour les élus de la République que nous sommes.

Car “faire société”, cela suppose de privilégier la recherche de cadres communs, plutôt que de cultiver les différences, les chapelles et les tribus. Comme l’écrit la Ligue de l’enseignement, “faisons confiance aux individus et à leur capacité pour puiser dans leurs dimensions particulières les références communes et universelles qui unissent la communauté humaine. La laïcité, qui est d’abord une liberté publique, garantit la liberté de conscience. Elle est le cadre par excellence qui permet de faire vivre et d’articuler cette diversité des cultures, des croyances et des convictions avec des institutions communes, sur la base du respect des droits de l’Homme.

Cela, seule l’école publique peut le garantir !

Ce principe de laïcité n’est pas partagé par tous, loin s’en faut ! Nous venons de le voir avec la décision de la Fédération Internationale de Football d’autoriser le port du voile dans les compétitions féminines et, de fait, de se soumettre à une exigence religieuse étrangère aux principes universels du sport qui a pour conséquence d’accepter l’idée d’une différence fondamentale entre les hommes et les femmes, et de nous engager dans la voie d’une communautarisation de la pratique sportive.

C’est la raison pour laquelle les Radicaux de Gauche défendent l’école publique. Nous avons à plusieurs reprises exprimé notre position, et concernant les relations entre l’enseignement catholique et la Ville de Rennes, nous avons avec constance dénoncé la volonté manifeste de l’évêché d’obtenir, pour les écoles privées, toujours plus d’argent public.

Il faut dire que, depuis 2002, le législateur n’a eu de cesse d’augmenter – en réaffirmant leur caractère obligatoire – les contributions que les communes doivent verser à l’enseignement privé. On se souvient de l’article 89 de la loi du 13 août 2004, on se souvient de la loi Carle, votée en 2009… sur laquelle il faudra bien que nos parlementaires reviennent, comme d’ailleurs sur les accords Lang – Cloupet signés en 1992. Le gouvernement, de son côté, a systématiquement appuyé les revendications de l’enseignement catholique, et deux circulaires ont successivement étendu les dépenses qui doivent être prises en charge par les communes.

Tandis que l’école publique était démantelée (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, suppression de postes, fermetures de classes, classes surchargées, etc.), l’enseignement catholique bénéficiait de dispositions législatives et réglementaires toujours plus favorables, ce que confirme d’ailleurs l’évolution de la jurisprudence du Conseil d’Etat. La laïcité, fondement de la République, fut donc considérée comme un principe encombrant, qu’il fallait cacher, nier, maquiller ; un un mot, la rendre “positive”.

Dans ce contexte intervient le renouvellement de la convention avec l’ARDOGEC. Les Radicaux de Gauche sont, par principe, défavorables au financement de l’enseignement privé par la puissance publique. Ils le sont d’autant plus en période de disette budgétaire.

Cependant, au-delà de cette position de principe, il y a la réalité qui oblige les communes à appliquer la loi, les textes.

C’est dans ce cadre que sont intervenues les discussions entre la ville et les responsables de l’enseignement catholique. Il nous semble que la délibération, objet de notre débat de ce soir traduit le point jusqu’où il est possible d’aller tenant compte des textes et de l’historique du dossier. Nous constatons avec satisfaction que l’inflation que nous avons dénoncée ces dernières années, pourra être contenue dans la période qui s’ouvre ; cela est conforme aux vœux que nous avons formulé dans cette enceinte, chaque fois que la convention avec l’ARDOGEC était à l’ordre du jour. En républicains responsables, nous nous abstiendrons sur cette délibération.