Conseil Municipal 27 juin 2016

Conseil_Municipal_Ma_preview_01Madame la Maire, Cher(e)s collègues,

La Poste a annoncé le 23 juin dernier la fermeture de sept bureaux sur Rennes, qui sont ceux de Coëtlogon, Hoche, Oberthur, Danton, Saint Hélier, Rapatel et La Poterie, autrement dit une part qui correspond à un tiers du réseau postal sur la ville de Rennes.

Les réorganisations, fermetures de sites, délocalisations et suppressions d’emplois se succèdent à un rythme effréné. Après avoir rodé pendant des années en zone rurale sa stratégie de suppression de bureaux, le groupe accélère ses coupes dans les effectifs et entame une restructuration radicale de sa présence en zone urbaine.

Parmi ces services publics, La Poste est sans doute celui qui participe le plus au maintien du lien social, notamment dans les quartiers défavorisés. C’est aussi le service public qui est le plus attendu dans les nouveaux quartiers, par les habitants.

Notre rôle, notre devoir d’élus locaux est donc de veiller à ce que le service public postal soit assuré.

A ce titre, ce qui est décidé par le Groupe a des conséquences directes sur notre ville, et sur la façon dont nous pouvons y garantir une qualité de vie. Le projet porté par cette entreprise publique, visant à supprimer les bureaux de postes dans notre ville au nom d’une baisse toute relative de la clientèle est contraire à notre engagement dans la Cité.

 

Rappelons également, que le service public postal remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social. Que ses missions de service public dépassent le cadre du service universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale territoriale, dans les zones rurales comme les quartiers populaires.

Ces missions sont fondamentales dans un contexte d’explosion de la pauvreté et des difficultés des personnes et de besoins de proximités de qualité de service pour tous les acteurs sociaux et économiques. Comment comprendre par exemple que l’on éloigne toujours plus les personnes les plus vulnérables d’un service aussi indispensable qu’un bureau de poste de plein exercice ? C’est donc d’abord à l’Etat actionnaire de mettre un terme à ces restructurations incessantes où le facteur financier prime sur la réponse aux besoins humains.

Que dire, également de l’attribution des 352 millions d’euros de crédit d’impôt au titre du Crédit d’impôt compétitivité emploi, argent provenant du contribuable, l’Etat a reçu de La Poste 172 millions d’euros de dividendes sur les 700 millions d’euros de bénéfices nets largement porté par les revenus de la Banque postale. Systématiquement présenté par le Gouvernement comme un levier pour l’emploi ; ce dispositif n’a eu aucun impact dans la suppression des bureaux de postes. D’ailleurs, persuadé des limites de la mesure, en matière d’emploi et d’investissement, le chef de file des députés radicaux de gauche à l’Assemblée Nationale, Roger-Gérard Schwartzenberg a relevé le retard mis par le gouvernement à présenter au Parlement un rapport sur l’éventuelle création d’un Observatoire des contreparties au CICE.

Ainsi, en 2015, La Poste aura diminué ses effectifs, enregistré des milliers de suppressions d’emplois ! Ajoutons que la précarisation de l’emploi se poursuit au sein du groupe avec la multiplication des CDD, dont La Poste s’est fait une véritable spécialité depuis longtemps, avec parfois plusieurs dizaines de contrats successifs pour un même salarié.

A Rennes les élus Radicaux de Gauche sans méconnaître les évolutions en cours réaffirment leurs souhaits que soit rendu un service public postal de qualité aux habitants. Enfin que penser de la rémunération offerte aux commerçants qui accepteraient la mission relais-poste environ 300 euros. Dans un quartier comme Beauregard où les assemblées générales de copropriétés sont nombreuses et les recommandés donc importants, le temps passé par le commerçant à la remise des recommandés sera sans commune mesure avec la rémunération proposée. En conséquence notre Conseil Municipal se doit être extrêmement vigilant sur les orientations proposées par le Groupe la Poste.

Honoré Puil

Président groupe PRG

La Poste : « Merci aux 12 000 Rennais qui ont dit non »

En complément de l’intervention de Pierre Christen sur le rapport annuel de Veolia, Maryline Daunis est revenue pendant le Conseil municipal sur la votation citoyenne du 3 otobre 2009.

L’examen de ce rapport annuel est l’occasion pour nous de nous intéresser au fonctionnement d’un service public sur lequel nous avons – en tant que commune – un droit de regard, et vous connaissez la position du groupe PRG sur la question de l’eau potable à Rennes.

Lorsque nous défendons une gestion en régie, nous le faisons par principe, parce que nous ne voyons pas très bien en quoi une délégation de service public et un contrat d’affermage permettent au service public d’être mieux assuré. Mon collègue Pierre Christen l’a rappelé à l’instant.

Mais permettez-moi, chers collègues, de faire un rapprochement avec ce qui s’est passé à Rennes et partout en France ce samedi 3 octobre. Plus de deux millions de Français ont participé à la votation citoyenne sur le statut de La Poste, et plus de 90 % d’entre eux refusent la privatisation de l’établissement. A Rennes, près de 12 000 personnes, des citoyens-usagers, se sont prononcés, de toutes origines sociales, de tous les âges, de tous les quartiers.

Le groupe Radical de Gauche remercie chaleureusement toutes les Rennaises et tous les Rennais qui se sont mobilisés pour participer à cette votation. Il remercie également les élus – nombreux – du Conseil municipal et les responsables associatifs et syndicaux qui ont pris part à cette mobilisation.

Le gouvernement doit maintenant tenir compte de l’expression des citoyens.

La Poste : tous aux urnes le 3 octobre !

Le 3 octobre, votation citoyenne
Le 3 octobre, votation citoyenne

La 3 octobre a lieu une votation citoyenne pour permettre aux Français de se prononcer sur l’évolution du statut de La Poste. Opposés à une privatisation et au démantèlement d’un service public essentiel au lien social dans nos territoires, les élus PRG de Rennes appellent les Rennaises et les Rennais à venir nombreux ce samedi dans un des bureaux de vote ouverts.

Un lieu de vote sera installé en centre-ville de Rennes, place de la République (face à l’agence LCL), de 9 heures à 18 heures

La Poste : sept arguments contre la privatisation

1er argument : « Le statut public est un obstacle au développement de La Poste ! »

FAUX. Depuis des années, La Poste a prouvé le contraire par la création de 102 filiales et par l’explosion de sa croissance externe via l’achat d’entreprises dans le monde entier (quelques exemples : Exapaq pour 430 millions d’euros, Orsid pour 19 millions d’euros, création du réseau DPD en Allemagne, partenariat avec la SNCF pour le Fret GV…). De plus, La Poste vient de prendre position sur le marché du portage de presse et d’établir une tête de pont DPD en Chine !

La Poste a multiplié les partenariats financiers : Société Générale, Matmut, Crédit Municipal de Paris. Des accords de transport aérien ont été noués avec Air France/KLM, Sodexi, Aramex et même TNT.

L’entreprise publique a engagé, en 2004, un vaste programme de rénovation de son réseau d’acheminement et de distribution : La Poste investit 3,4 milliards d’euros sur 7 ans. Par ailleurs, 834 bureaux de Poste furent rénovés pour la seule année 2007.

2ème argument : « Il faut ouvrir le capital pour assurer l’unité de l’entreprise ! »

FAUX. Pourquoi s’être alors obstiné à détruire cette unité au fil des réorganisations/désorganisations (SOFT, NDO, PFT…) ? Les métiers, installés dans leur pré carré, développent leur propre stratégie, établissent leurs règles de gestion et déterminent, pour l’essentiel, une politique RH « maison ». À tel point qu’émergent de nouvelles appellations.

Ne parle-t-on pas, en effet, de « Groupe Courrier » ? Et voici que l’Enseigne se dote elle aussi d’un siège social…

La Banque Postale est la première à montrer la désunion plutôt que l’union ! Après un premier partenariat noué sur la monétique, elle va très probablement étendre sa collaboration avec la Société Générale pour la commercialisation des prêts à la consommation. En effet, rien n’interdit de penser que demain, dans trois ou cinq ans, les deux banques de détail mettront en commun leur réseau ! S’agissant de l’emploi, chacun comprendra que ce sera une soustraction et non une addition !

3ème argument : « Concurrence oblige ! »

La concurrence ne commencera pas à partir du 1er janvier 2011 ! Elle existe déjà. Aujourd’hui, hormis les envois de moins de 50 g, toutes les prestations de La Poste sont déjà en concurrence, y compris pour le livret A. Pourquoi donc changer de statut alors que l’entreprise publique fait face à la situation, et ce malgré les handicaps liés au désengagement financier de l’État !

La Poste publique tire toujours son épingle du jeu ! « Boosté » par l’e-commerce, le chiffre d’affaires de l’express a progressé de 8 % en 2007 par rapport à 2006 tandis que celui du colis a augmenté, pour la même période, de 7,4 %. Quant au produit net bancaire (PNB), il est en augmentation de 5 %. Seul le courrier, (11,57 milliards de chiffre d’affaires), navire amiral du groupe, connaît quelques difficultés. Lesquelles sont liées à une baisse des volumes (–2,5 % depuis le début de l’année 2008). Les postes allemande et néerlandaise, porte-drapeau de la privatisation, subissent d’ailleurs le même phénomène, dû au contexte économique.
Là encore, ce n’est pas un changement de statut qui effacera les effets de la crise des subprimes et l’envolée des prix de l’or noir.

L’ouverture du capital permettrait d’obtenir de lever en bourse 2 milliards d’euros de cash ! Mais pour quoi faire ? Quel est le véritable projet industriel de La Poste ? Grâce au travail des postiers, le résultat d’exploitation atteint 1,3 milliard pour un résultat net de 943 millions d’euros. La Poste n’a jamais fait autant de bénéfice ! Tant mieux ! Mais alors pourquoi privatiser ? Pour acheter encore des entreprises étrangères ? Pour conquérir des Marchés en Asie ? Pour être exposés aux aléas des indicateurs boursiers ? La Poste, nous l’avons vu, a démontré qu’elle pouvait dégager des marges de manœuvre pour assurer son développement. On veut nous faire peur ! Il faut sortir de ce raisonnement simpliste qu’on veut nous imposer, à savoir : « Il faut privatiser, sinon, nous allons être mangés ! » Tous les exemples montrent que la meilleure chance « d’être mangé » c’est justement d’entrer en bourse !

4 ème argument : « L’Europe ! »

On nous dit que seules les postes luxembourgeoise et française n’ont pas encore le statut de société anonyme. Et alors ? Comme si s’aligner sur les autres était un gage de vérité et de réussite. Rappelons aussi que les traités européens n’obligent pas les entreprises à changer de statut en cas d’ouverture des marchés.

Les résultats de nos voisins ne sont pas si reluisants qu’on nous le dit. En 1989, la poste allemande s’est séparée de ses services financiers. Face à la baisse spectaculaire de la fréquentation de ses bureaux, elle a fait machine arrière. La Deutsche Post a dû monnayer 2,3 milliards d’euros le rachat de sa propre fille, la Postbank. Mais la leçon n’a pas suffi : la Postbank va être de nouveau vendue ! Certes, la maison mère et l’État vont toucher un gros chèque mais pour les usagers le prix réel est douloureux : les 850 plus grands bureaux sont devenus des agences bancaires. Les autres ont été transformés en papeterie.

Pour les opérations postales, il suffit de s’adresser aux supérettes. La poste allemande est devenue une poste sans bureaux de poste ; c’est avant tout une entreprise de logistique qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’international. Et qui commence à connaître de sérieux déboires, notamment aux USA. Enfin, et contrairement à une idée reçue, l’essor initial de la Deutsche Post n’est pas dû à son entrée en bourse : sa cotation est médiocre. Non, les acquisitions tous azimuts du géant d’Outre-Rhin sont le fruit du trésor de guerre accumulé à l’époque du monopole grâce à un prix du timbre le plus élevé d’Europe !
C’est le monopole qui a enrichi la poste allemande, ce n’est pas la bourse.

La poste belge appartient-elle encore aux Belges ? L’opérateur postal hollandais vient de se débarrasser de sa filiale messagerie express. Quant au fameux modèle suédois, il est surtout celui du « moins un tiers » : un tiers d’emplois en moins, un tiers des bureaux fermés !

5ème argument : « Les postiers pourraient devenir actionnaires de leur entreprise ! »

Chacun a une petite idée de ce que cela pourrait donner : au printemps 2008, les comptes de La Poste sont rendus public. Grâce au travail des postiers, le résultat d’exploitation atteint 1,3 milliard pour un résultat net de 943 millions d’euros. En contrepartie, chaque agent a royalement perçu un intéressement de 93 euros !

6ème argument : « Le changement de statut n’aurait aucun impact sur l’emploi ! »

FAUX. Que veut un actionnaire ? Gagner de l’argent ! Pour cela, on devra obligatoirement se plier aux règles des marchés boursiers qui sont toujours les même, à savoir : plus de bénéfices, moins d’emplois, plus de productivité, charges à la baisse, élimination des branches qui ne rapportent pas, délocalisations, etc. Cela veut dire, des conditions de travail en constante dégradation et des organisations en perpétuelles restructurations.

Contractuels comme fonctionnaires, cadres ou non cadres, tout le personnel sera concerné. Il n’y aura pas à La Poste de départs anticipés en retraite comme à France Télécom, inutile de caresser de faux espoirs, pas assez d’argent pour cela !

7 ème argument : « Le changement de statut n’aurait pas d’impact sur le service public ! »

Pourtant l’État se désengage ! La Poste a été contrainte de signer un chèque à l’État de 2 milliards d’euros et de s’endetter à hauteur de 1,8 milliard à titre de « compensation » pour le financement des retraites des fonctionnaires. Faut-il rappeler aussi que le coût des quatre missions de service public ? Accessibilité bancaire, service universel, transport/distribution de la presse et aménagement du territoire, pèsent entre 800 millions et 1 milliard d’euros sur les comptes de La Poste. N’oublions pas non plus que l’entreprise publique a versé à l’État un dividende de 141 millions au titre de l’année 2007 !

Quel sera à terme l’avenir du réseau et des bureaux de Poste «non rentables» ? La réponse paraît évidente : fermeture ou transfert vers les collectivités locales !

De quoi sera fait le monde postal demain ?

Un État majoritaire, même dans une société anonyme, subirait toujours les foudres de Bruxelles à chaque fois qu’il investirait un centime dans La Poste : abus de position dominante ! Il est donc faux d’affirmer qu’une société anonyme contrôlée par l’État serait libre d’agir à sa guise.

L’arrière-pensée est bien de procéder comme avec France Télécom et de passer rapidement sous la barre des 50 % du capital. Cela s’appelle une privatisation.

L’ouverture des marchés du courrier favorisera-t-elle l’émergence de nombreux opérateurs alternatifs ? Y aura-t-il au contraire constitution d’oligopoles, de car tels imposant leurs tarifs aux dépens des clients ? Est-on bien sûr d’emprunter le bon chemin ?

La démocratie exige que l’on en débatte, au sein de La Poste comme dans tout le pays.

Malgré le flou du projet, le Gouvernement et La Poste sont explicites dans leur choix : ils veulent transformer l’exploitant public en société anonyme. Nous avons montré que cette opération, purement idéologique, serait inutile et néfaste pour les usagers et les salariés. La Poste dispose de tout l’outillage juridique pour se défendre face à ses concurrents. Prétendre que des actionnaires accepteraient de rogner sur leurs dividendes pour financer le service public est une hypocrisie ou une naïveté.